Le Blog de Nicolas Beretti

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Update: Comment doubler votre vitesse de lecture en 10 minutes

La lecture est un processus cognitif complexe effectué par le cerveau à une vitesse phénoménale. Pourtant, si vous êtes un lecteur lambda, sachez que malgré cette vitesse déjà élevée dans l’absolu, vous êtes incroyablement lent par rapport à la vitesse que vous pourriez atteindre avec un peu d’entrainement.

Augmentez TOUT DE SUITE votre vitesse de lecture

Comme tout le monde, vous avez majoritairement cessé d’apprendre à lire vers la fin de l’école primaire, comme si c’était un acquis parfait et que plus aucun progrès n’était possible dans le domaine. Or, sachez qu’on vous a simplement appris à déchiffrer les lettres, pour comprendre le sens des mots. Ensuite, c’est l’habitude de la lecture qui vous a permis de lire relativement vite, et de ne plus déchiffrer les mots avec votre doigt comme en primaire. Sachez cependant que comme pour toute pratique, en lecture aussi une (énorme) marge de progression vous est encore accessible : c’est l’intérêt de la lecture rapide.

Si vous ne me croyez pas, copiez-collez le texte de tout cet article dans le cadre prévu à cet effet ici. Puis, juste sous ce cadre, réglez la vitesse des mots qui défilent à 600 mots / minutes (2 fois la vitesse de lecture moyenne). Prenez une grande inspiration, détendez-vous, et cliquez sur « lecture ». Vous verrez que vous aurez tout compris à la fin (peut-être pas les chiffres, mais tout le reste si).

La lecture mobilise principalement la vue, et deux différentes mémoires : la mémoire visuelle et la mémoire sémantique. Schématiquement, pendant votre lecture, voici ce qui se passe : votre oeil voit les mots, envoie les images de ces mots au cerveau qui va comparer ces images à ce qu’il connait déjà (mémoire visuelle) avant de leur attribuer un sens (mémoire sémantique), ce qui vous permet de comprendre la phrase rapidement (sauf si c’est une phrase de Stephen Hawking). Vous le devinez déjà, s’il est moins évident de jouer à très court terme sur la vitesse de fonctionnement de la mémoire, c’est donc sur votre capacité à reconnaître les mots qu’on va, ici, pouvoir jouer. Imaginez que vous puissiez lire ne serait-ce que deux fois plus vite qu’avant : considérant le volume d’informations que vous lisez tous les jours pour le travail (journaux, rapports imprimés sous PowerPoint, sites internet, livres, blogs…), doubler votre vitesse de lecture, c’est soit diviser par deux votre temps de lectures pénibles, soit multiplier par deux le volume d’informations traitées dans le même laps de temps. Et on ne parle ici que d’un facteur 2. Car votre vitesse de lecture peut en effet être multipliée par 3 ou 4 avec un peu d’entrainement. John F. Kennedy pouvait, selon la légende, lire à plus de 1200 mots / minute – la preuve formelle n’a jamais été apportée, mais une telle vitesse de lecture n’est a priori pas humainement impossible. A titre de comparaison, un lecteur moyen se situe aux alentours de 200/300 mots par minute. Cela signifie qu’à chaque ligne, votre regard «s’arrête» en moyenne entre 6 à 10 fois sur les mots, de manière inconsciente (tout comme le mouvement perpétuel de vos yeux, à très haute fréquence, vous est parfaitement imperceptible).

Par exemple, dans la phrase ci-dessous, voici en gras les mots sur lesquels les yeux d’un lecteur moyen vont s’arrêter pendant la lecture :

Le vieux professeur de l’Université avait soutenu une thèse sur l’apport du romantisme bavarois à l’industrie textile néo-zélandaise.

Ce que à quoi vous devez aboutir avec un brin d’entrainement, c’est être capable de lire et comprendre cette même phrase en ne vous arrêtant qu’aux mots en gras ci-dessous :

Le vieux professeur de l’Université avait soutenu une thèse sur l’apport du romantisme bavarois à l’industrie textile néo-zélandaise.

Lorsqu’en lisant cette phrase, vous limitez vos «arrêts» aux 4 mots en gras ci-dessus, vos yeux suivent «en ligne droite» la phrase d’un mot en gras à un autre mot en gras, en faisant moins de «pauses», et donc moins de saccades. Pourquoi ? Tout se passe comme si un fil invisible , passant à travers les mots qui ne sont pas en gras, guidait vos yeux entre chaque mot en gras. Et votre vision périphérique, guidée par ce fil invisible, entre en action pour déchiffrer les mots intermédiaires, que vous lisez alors «par paquet», comme illustré ci-dessous :

- Le vieux - professeur - de l’Université avait - soutenu - une thèse sur - l’apport - du romantisme bavarois à -l’industrie - textile néo-zélandaise - .

Votre lecture n’est-elle pas plus fluide comme ça, et franchement plus rapide ? Attention, il ne s’agit toutefois pas de survoler les textes sans les comprendre. La lecture rapide vous permettra de lire avec autant d’efficacité qu’une lecture normale ; votre nouvelle vitesse de lecture deviendra tout simplement votre vitesse normale.

Comment est-ce possible ? Tout simplement en faisant un recours plus important, comme on vient de voir, à votre vision périphérique, que vous n’avez pas appris à solliciter à l’école primaire pour apprendre à lire. En lisant comme à votre habitude, tout se passe comme si vos yeux prenaient la peine de discerner nettement chaque mot. C’est un effort louable certes, mais inutile…car vous n’utilisez alors pas la capacité de votre vision périphérique à reconnaitre les formes. C’est un peu comme voir le monde en fermant un oeil : vous vous privez d’informations. Si je reprends l’exemple ci-dessus, l’idée est de balayer du regard la phrase en «visant» un mot sur trois ou quatre, et non en lisant mot à mot.

En recourant à la technique des «mots cibles» vue plus haut, vos yeux, grâce à la vision périphérique, vont enregistrer «à votre insu» la forme des mots qui s’intercalent entre chacun de vos mots cibles ; votre cerveau, qui, lui, réfléchit beaucoup plus vite que vous, les verra et les reconnaitra tout autant que si vous aviez pris la peine de vous arrêter dessus. Dès lors, vous gagnez un temps fou.

La méthode de Tim Ferriss pour doubler votre vitesse de lecture en 10 minutes

  1. Pendant 2 minutes, entrainez-vous à lire en suivant chaque ligne du doigt, ou avec un stylo. Le «guide visuel» que vous avez ainsi créé empêchera votre oeil de revenir en arrière et de faire trop de saccades.
  2. Pendant 1 minutes, lisez chaque ligne en commençant par le 2ème mot à partir du début et en finissant par le 2ème mot avant la fin.
  3. Pendant 1 minute, lisez chaque ligne en commençant par le 3ème mot à partir du début et en finissant par le 3ème mot avant la fin. Au fur et à mesure que vous y parvenez, tentez d’aller directement concentrer votre regard vers le milieu de la ligne.
  4. Pendant 3 minutes, et une fois que vous êtes à l’aise avec la pratique précédente, essayez de lire les phrases en ne faisant que deux fixations maximum par ligne.
  5. Pendant les 3 dernière minutes de votre entrainement express, lisez quelques pages au hasard en vous forçant à mettre en pratique ces techniques, même si vous ne comprenez pour le moment pas tout. Cela habituera vos yeux et votre cerveau à une nouvelle vitesse de lecture, que vous apprendrez rapidement à maitriser par la suite. L’idée est de vous entrainer à lire 2 ou 3 fois plus vite que la vitesse de lecture augmentée finale que vous visez (si vous voulez lire à 800 mots/minutes, pratiquez à 1600 mots/minute)

Entrainez-vous à la lecture rapide sur Internet avec vos propres textes

Vous avez sous la main un dossier PDF interminable à lire ? Un rapport, un cours, un compte-rendu ? Copiez-collez ce texte sur la page http://zapreader.com/ indiquée plus haut et réglez la vitesse de lecture suivant votre objectif. Simple et gratuit pour progresser.

Testez votre vitesse de lecture sur internet

Il existe des tas de manières de s’entrainer à la lecture rapide. Les logiciels en sont un ; Internet vous offre également des sites pour tester et mesurer votre vitesse de lecture ; enfin, les heureux propriétaires d’Ipad pourront s’entrainer avec une application dédiée. Mais voici déjà quelques sites, ici, ici et ici (vous pourrez en trouver beaucoup d’autres par vous-même) proposant un test indicatif de votre vitesse de lecture, si vous voulez pouvoir mesurer vos progrès.

Ces sites proposent en même temps un test de compréhension, ce qui est primordial en lecture rapide : il ne s’agit en effet nullement de lire sans comprendre. Pour vérifier, donc, si vous avez pu lire vite et bien, ces sites vous proposent de répondre à quelques questions sur le contenu de ce que vous venez de lire. Vous verrez qu’il n’est pas si évident de lire à vitesse rapide tout en obtenant 100% de compréhension / mémorisation, mais encore une fois, soit vous décidez de passer 80% du temps à lire des textes dont vous n’utiliserez que 20%, soit vous décidez de passer 20% du temps à lire des textes que vous utiliserez, cette fois, à 80%, parce que votre lecture rapide vous aura permis de faire le tri efficacement entre le bon et le mauvais grain.


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Joyeux Noël en dessin pour tous !

Chères lectrices et chers lecteurs,

Pour vous souhaiter de belles fêtes de fin d’année, j’ai tenté (je dis bien « tenté ») de vous dessiner un autoportrait pour vous souhaiter un Joyeux Noël ! On le dira flatteur ou trompeur, comme vous voulez, mais sur Ipad, c’est pas facile facile de dessiner :)

A bientôt pour de nouveaux articles sur l’entrepreneuriat, le développement personnel, l’Univers et le reste!

Nicolas

Joyeux Noël !

JOYEUX NOËL A TOI, LECTRICE ET LECTEUR !


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Prospective expresse: demain, quand les robots seront une menace pour l’homme

Ce matin, au cours d’une conférence à l’ESP, on a eu avec les étudiants une discussion sur les progrès de la robotique et de l’intelligence artificielle. Je leur faisais part de mon pessimisme quant à cette improbable « sortie de crise » (économique) dont plus personne ne parle, et qu’il leur fallait se préparer, notamment, à être freelance, de manière contrainte ou volontaire mais inéluctable.

Or les progrès en intelligence artificielle sont à mon sens une menace directe et sous-estimée pour l’emploi. Dans son livre, Gilles Babinet explique par exemple que d’ici 5 ans, les robots ménagers seront capables de nettoyer intégralement une chambre d’hôtel, en faisant le distinguo entre le bout de papier qu’il convient de jeter et le bout de papier sur lequel le client a griffonné un numéro de téléphone et qu’il souhaite retrouver là en revenant dans sa chambre. Si, d’un point de vue technologique, c’est impressionnant, du point de vue de tous les employés de ménage du monde, c’est inquiétant. Car dès lors, la suite est inévitable: un robot coûte bien moins cher et travaille bien plus qu’un humain. Exit les personnels de ménage…et donc d’entretien, partout dans le monde. Le chômage de masse à venir va être terrible le temps que la transition vers la « fin du travail » soit achevée…

Tant qu’à faire, autant également supprimer les postes de vendeurs en magasin: un robot fait ça bien mieux et pour moins cher ! C’est tout le projet de Fellow Robots. Nestlé, pour sa part, a déjà acheté (« embauché »?) 1 000 robots Pepper (ci-dessous) pour ses magasins de café au Japon. Depuis juin 2014, ces mêmes robots, capables de vous conseiller et qui communiquent entre eux pour se transmettre ce qu’ils ont appris, sont « employés » à l’accueil des agences japonaises SoftBank.

JAPAN-SWITZERLAND-ROBOT-COMPANY-NESTLE-FILES

Les robots Pepper au Japon – ©Le Figaro

De son côté, Microsoft va un poil plus loin en protégeant son campus de la Silicon Valley avec des robots autonomes. Des robots surveillants. Vous allez me dire, rien à craindre, ces robots sont bien trop stupides pour être une menace pour nous, ils ne « comprennent pas » leur environnement et font ce qu’on leur demande de faire. Vous allez me dire peut-être que s’ils sont équipés d’une analyse des comportements, de la reconnaissance des visages, de détecteurs chimiques et biologiques, d’une vision nocturne et d’une caméra thermique, c’est pour la chasse au papillon ?

Parlons alors de cette étonnante innovation annoncée par Google la semaine dernière: un algorithme capable de « lire » une photo et de l’interpréter presque comme un humain le ferait. Autrement dit, dans un futur pas lointain du tout, les robots seront capables de « comprendre » le contexte dans lequel ils évoluent en « lisant » et interprétant leur environnement. A la différence que si nous autres humains mettons un temps incroyable à traiter une information (forcément, avec un signal nerveux se « trainant » à 2m/s), un robot peut être 1 000 fois plus rapide. Il comprendra donc bientôt son environnement comme nous, mais en beaucoup plus rapide. Dès lors, il deviendrait « meilleur » en prise de décision pour les situations d’urgence par exemple (et pour commencer – ensuite viendront les applications militaires).

Saupoudrons tout ceci:

- d’un peu de progrès en intelligence artificielle visant à reproduire un cerveau humain, notamment ceux concernant les « puces neuromorphiques » - mimant la façon dont nos neurones fonctionnent et apprennent ;

- d’un brin d’ordinateur quantique, qui promet des performances proprement ahurissantes en exploitant les lois de la mécanique quantique tout en offrant une plus extrême miniaturisation ;

- du fait que nous opérons des drones militaires dans le monde entier qui, chaque jour, au nom de la lutte contre le terrorisme, tuent des humains – pour le moment, a priori il y a un pilote aux commandes à 8 000 km de leur zone d’opération ;

- du point de vue d’Elon Musk, quelqu’un qui a oublié d’être bête, sur les dangers inévitables des progrès de l’intelligence artificielle ;

… et vous obtenez à mon sens un parfait cocktail de signaux de moins en moins faibles quant à l’imminence de l’arrivée de robots armés capables de décider seuls d’éradiquer telle ou telle « menace terroriste » – de tuer un homme (la « menace terroriste » étant un prétexte on ne peut plus pratique pour faire passer n’importe quelle loi de nos jours – nous sommes massivement surveillés).

Parano ? Un peu, sans doute. Je dis juste: ne nous aveuglons pas non plus. La logique capitaliste commande et encourage depuis 40 ans le recours massif aux robots dès que possible. Les mêmes entreprises qui développent des technologies civiles de pointe (« gentilles ») travaillent également pour les armées (Boeing, Dassault ou Airbus, par exemple) où elles développent les armes les plus sophistiquées du monde. Je doute qu’il y ait un silo si profond que ça entre les deux activités.

Coucou !

Coucou !


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Petit film pédagogique sur l’humanité

Ce matin, petit post rapide pour partager avec vous ce film magique de Steve Cutts qui raconte à quel point l’homme est « intelligent ». Il dure moins de 3min mais il vaut le détour:

Ca me rappelle pourquoi je soutiens et admire à fond des gens qui se battent pour la planète, chez Entrepreneurs d’Avenir ou au LH Forum par exemple. 

 


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Sur la nature physique du Temps – cosmologie de comptoir

Décidément, ces trajets en TGV donnent vraiment le temps de laisser divaguer son cerveau.

J’ai encore du passer pour un fou à fixer la vitre (d’autant qu’il faisait nuit) pendant 1h sans bouger, alors que dans ma tête des idées plutôt bizarres se bousculaient, luttaient à mort pour survivre, disparaissaient pour mieux revenir, et finalement…eh bien me revoilà avec encore un flot de considérations sur des sujets qui dépassent largement mes compétences, mais que j’ai toujours trouvé passionnants.

La dernière fois, comme vous l’avez peut-être lu, c’était une bête règle mathématique apprise depuis le primaire qui m’occupait l’esprit et que je remettais en question. Finalement, il me semble avoir trouvé la réponse je ne sais plus où en rapprochant la règle de commutativité et celle de la priorité des opérations. Je crois que la multiplication et la division l’emportent sur l’addition et la soustraction – lorsqu’on enlève les parenthèses – parce que sinon on risquerait, suivant la lecture que l’on fait de l’opération, de violer la loi de commutativité. D’où cette règle apprise par coeur de calculer en priorité les multiplications et les divisions.

Aujourd’hui, autre sujet: je m’en vais vous parler du Temps. Celui qui passe si vite (sauf quand on regarde Cyril Hanouna), celui qui est relatif, celui qui est impalpable, celui qui est intrinsèquement lié à l’espace depuis Einstein. Celui qui m’intrigue depuis longtemps car j’ai toujours eu du mal à réellement intégrer le fait qu’il soit relatif – j’imagine que je ne suis pas le seul, cela dit. Nous autres humains voyons le temps comme un « truc » ayant un début et une fin, et s’écoulant suivant un rythme que nous connaissons bien (seconde, minute, heure, jour, année..). Au-delà du siècle, ça commence déjà à devenir un peu plus théorique puisque peu nombreux sont ceux qui ont plus de 100 ans.  Si je vous parle de l’an 1200, là notre cerveau ne peut déjà plus vraiment « quantifier » ce que représentent réellement 800 ans. Alors lorsqu’on parle de l’univers et de ses milliards d’années…Ca reste purement théorique pour nous.

Préambule sur le temps

Comme vous le savez, je ne suis ni physicien ni philosophe. Mon but en écrivant ici ce qui me trotte dans la tête est d’abord et avant tout d’en clarifier le contenu. Ensuite, je rêverais qu’un physicien tombe sur l’article et m’explique en quoi je me trompe ou bien quelle est l’aberration dans mon raisonnement – je me doute qu’il y en a un paquet. Mais comme tout seul, je n’ai pas le bagage théorique  pour m’auto-contre argumenter, je publie. Et sans avoir fait de recherches préalables, parce que sinon je vais me perdre dans des concepts qui de toutes façons me dépassent. Il est donc possible voire très probable que je dise des âneries ici ou là, vu que j’écris tout de tête.

  • Que sait-on du temps ?

Il est relatif: si je récapitule mes maigres connaissances sur le sujet, je peux dire que le temps est né avec l’espace, qu’ils forment ensemble un tout indissociable et que l’écoulement du temps dépend de la vitesse – il est donc relatif. C’est le fameux paradoxe des jumeaux, popularisé récemment avec le film Interstellar. Pour ceux qui n’ont pas vu le film ni entendu parler de ce paradoxe, voilà l’idée: si je pars faire un tour en vaisseau spatial ultra rapide (vraiment, vraiment rapide) pendant une semaine, et que je reviens sur Terre, mon voyage aura duré peut-être 1 semaine pour moi, mais sur Terre, des années voire des siècles auront pu s’écouler – tout dépend de ma vitesse, justement. Autrement dit, plus je vais vite dans l’espace, plus je ralentis dans le temps. On a pu mesurer les effets de ce paradoxe avec des horloges atomiques réglées à la même microseconde: celle restée sur Terre a mesuré un temps écoulé légèrement supérieur à celle envoyée dans l’espace. En gros, elles se sont légèrement désynchronisées. Rien de fou, mais la théorie a été vérifiée expérimentalement. Donc oui, physiquement parlant, après un vol en avion de 10h, votre « temps » a légèrement ralenti par rapport à votre papy resté au sol. Rien qu’on puisse mesurer cependant tant les quantités sont infimes. 

Le temps a un « sens d’écoulement »: en physique, le principe de conservation de l’énergie nous apprend que sur le papier, techniquement on peut inverser le cours d’un évènement, rien n’est incohérent. Si je jette un caillou dans une mare, la quantité totale d’énergie produite et dissipée est la même quel que soit le sens dans lequel on regarde le « film ». Pourtant, dans la réalité, on a jamais observé un caillou bondir spontanément hors de l’eau, émettre les mêmes ondes de choc à la surface de la mare mais dans l’autre sens, revenir dans ma main puis au sol. D’un point de vue de l’énergie totale pourtant, le film à l’envers est équivalent au film à l’endroit.

Ce qui fait qu’on ne pourra jamais observer un tel phénomène – et tant mieux – c’est, si je me souviens bien, le 2ème principe de thermodynamique: l’univers tend vers une entropie maximale. Le CO2 qui s’échappe de votre bouteille de Coca lorsque vous l’ouvrez ne reste pas à stagner bêtement près de la bouteille. Même en l’absence d’aucune force, il va tendre à occuper tout l’espace disponible, alors même que rien ne l’y oblige. C’est comme ça. Statistiquement, il faudrait attendre plusieurs fois l’âge de l’univers avant d’observer un jour ce même CO2 revenir stagner tout entier près de la bouteille, comme ça, spontanément. C’est physiquement possible, mais statistiquement improbable. Donc, certains évènements ne peuvent se dérouler que dans un sens, et un seul: c’est la flèche du temps. Ce qui a priori limite le voyage dans le temps, justement.

Et voilà.

Personnellement, je ne vois pas ce qu’on peut en dire d’autre. Il est là, mais d’un autre côté il n’existe pas vraiment d’un point de vue physique. Ce qui m’embête bien, étant donné que j’aime bien trouver une explication aux choses. Le coup de l’énergie sombre et de la matière noire, qui représenteraient 80 ou 90% de la masse de l’univers, mais dont on ne sait pas le moindre bout de commencement de rien, ont ainsi tendance à m’agacer eux aussi. Donc, je me suis pris à imaginer que le temps avait une nature physique.

  • Et allons-y gaiment

J’y vais donc franco sur le temps: et si on postulait que le temps était justement une des forces fondamentales, et qu’à ce titre il aurait peut-être une masse (puisque énergie=masse) donc il pourrait être la matière noire ou l’énergie noire ? Je vais plus loin, en posant comme hypothèse de départ que le temps est non seulement une force (comme la gravité) mais qu’il est aussi corspusculaire (il serait donc « tangible » si tant est qu’un hypothétique « graviton » le soit aussi).

On vivrait donc dans un univers baigné de particules de temps. Boum. 

Tâchons de dérouler ce raisonnement farfelu et de voir s’il colle avec la réalité.

Vivre dans un univers avec un temps corpusculaire

Je me permets cette hypothèse parce que je ne vois pas pourquoi les physiciens ont le droit d’inventer 17 dimensions ou des gravitons, et pas moi, même si j’ai déjà du mal à calculer une règle de trois. Que se passerait-il alors concrètement dans un univers baigné de particules de temps ?

Déjà, elles auraient une masse (tiens, ça pourrait être alors cette fameuse matière noire). Une seule « particule de temps » aurait une masse bien sûr très très faible, mais toutes ensembles dans tout l’univers, ça ferait lourd. 

  • Le « poids » du temps

On parle bien du poids des années, je ne vois pas pourquoi on se priverait de parler du poids du temps. Vous allez me dire: on l’aurait remarqué, ce poids du temps, depuis le temps ! Je répondrais: pas sûr, étant donné qu’on ne sait toujours pas vraiment comment fonctionne la gravité, par exemple. On sait la calculer parfaitement, mais quid de la manière dont les objets interagissent entre eux via la gravité ? Comment la Terre « sait » que le Soleil est là et qu’il convient de tourner autour, en 365 jours s’il vous plait ? Quelle est cette « colle » qui vous cloue sur le sol ? Certains physiciens il me semble postulent donc l’existence de « particules de gravité » (les gravitons ») qui joueraient ce rôle de colle. Alors quitte à imaginer des particules de gravité, permettez-moi d’imaginer des particules de temps. Celles-ci influenceraient alors tout l’univers, partout ; cette « force temps » interagirait avec les autres particules et, par exemple, expliquerait les désintégrations atomiques (parce que sinon je ne vois pas quelle « information » indique à un noyau atomique qu’il est temps de mettre fin à sa demi-vie, hop, tout seul). Plus il y aurait de particules de temps, plus le « poids du temps » (l’intensité de sa force) serait lourd et plus le temps serait « accéléré ». Et inversement, on va y revenir.

  • Des particules de temps, des ondes temporelles et un temps qui ondule

Quitte à ne pas se limiter, autant postuler aussi que ces particules de temps s’écoulent toutes dans un « sens » histoire de coller à la flèche du temps. On pourrait imaginer que ce « sens » proviendrait du Big Bang: on aurait alors un flot de particules de temps s’écoulant partout dans un sens déterminé (par « sens », je penche plus vers une idée pan-dimensionnelle que vers la droite ou la gauche, parce que sinon ça devient bizarre). Ou bien, on pourrait imaginer que le champs de force « Temps » tourne sur lui-même, et nous baignons ainsi dans un « courant » de particules de temps. Ainsi, mêmes immobiles, les objets « subissent » l’écoulement du temps. Quant aux objets mobiles, ou dotés d’une grande masse, ils modifient localement le champs de force « temps » et, suivant leur vitesse, en sont plus ou moins affectés. Ce qui pourrait nous laisser entrevoir l’existence « d’ondes temporelles« : à la manière des ondes gravitationnelles (apparemment détectées il y a peu pour la première fois), on pourrait imaginer que lorsqu’un objet massif repousse le champs de force temporel, des ondes temporelles sont émises pour « évacuer » l’énergie locale, comme les ondes à la surface d’une mare sur laquelle on a jeté un caillou). Donc que localement, lorsqu’elles sont émises et rencontrent l’espace alentour, le temps accélère légèrement. Ainsi, dans tout l’univers, jamais le temps ne serait le même: il « ondulerait » sur les crêtes des ondes temporelles émises par les objets massifs (ou super rapides).

  • Vitesse et particules de temps

 On l’a vu plus haut, le temps varie avec la vitesse. Si je me déplace très très vite, mon temps ralentit. Comme on sait que la vitesse équivaut à la masse depuis Einstein (E=MC2), je sais donc que plus ma vitesse augmente, plus ma masse (inerte) augmente – c’est ce qui, in fine, rend théoriquement indépassable la vitesse de la lumière. Pour vulgariser cette équivalence, prenez un grain de poivre. Il « pèse » à peu près pas grand chose. Si je vous le lance au visage comme ça, vous le sentirez à peine. Si je vous lance au visage à 50 000km/h, je pense qu’il vous vaporise la tête avant de créer un cratère d’impact sur le mur derrière vous – enfin, ce qu’il resterait de vous. Pourtant, ce grain de poivre n’a fondamentalement pas changé. Simplement, sa vitesse (énorme) lui a conféré l’équivalent d’une masse inertielle (une énergie cinétique) monstrueuse. Tout cela signifie que plus je vais vite, plus ma masse inerte augmente, et plus mon temps ralentit. Il y aurait donc un lien direct entre la masse et le temps ? Ce qui à mon sens explique que dans un trou noir par exemple, les théories nous disent que le temps s’arrête (ou presque). Le trou noir étant très massif, c’est comme s’il se déplaçait très vite « sur place »: son temps est très ralenti. Et plus il est massif, plus le temps se fige.

De la même manière, pour un photon (« particule » de lumière dotée de la plus grande vitesse de l’univers), le temps est figé (ou presque). Le temps que vous éternuiez, un photon a fait 10 ou 15 fois le tour de la terre, tranquille. Vous vous souvenez de Matrix ? Néo se déplace très vite dans l’espace (sa vitesse est énorme) donc les balles de pistolet lui semblent s’arrêter en l’air. Son temps a simplement ralenti par rapport aux autres. C’est la même chose pour un photon, en nettement plus rapide: pour lui, l’espace est figé tellement il se déplace vite.

Voilà où je veux en venir: dans mon hypothèse de temps corpusculaire, je pars du principe – pour coller aux observations – que la Gravité et le Temps sont ainsi deux forces répulsives. Comme deux pôles identiques d’un aiment. Un champs de gravité intense repousse les particules de temps (mais attire tout le reste). Au milieu d’un champ de gravité intense, pas ou très peu de particules de temps: le temps se fige. Il faut alors une énergie inimaginable pour fusionner la gravité et le temps, du niveau de celle du Big Bang. Comme ce n’est pas facile d’atteindre ces niveaux d’énergie, eh bien temps et espace se fuient comme la peste (et l’univers est en expansion). Et aux abords d’un trou noir, l’horizon des évènements serait ainsi cette zone où Gravité et Temps se rencontrent et s’opposent. D’un côté, le temps a gagné, de l’autre (le trou noir), c’est la gravité.

En résumé

Je vais essayer de tout récapituler:

1. Gravité et Temps sont corpusculaires et agissent comme des « champs de force »: un champs de gravité, et un champs temporel. Ils sont composés de « particules ».

2. Ces « particules de temps » (les « temporalitons ») et les particules de gravité (gravitons) sont répulsives: plus il y a de gravitons, moins il y a de temporalitons. Il faudra trouver un autre nom pour ces particules, c’est super moche « temporalitons ».

3. Donc plus un objet est massif, plus il courbe le champs de gravité local et plus il repousse le champs temporel local. Ainsi le temps ralentit (est moins « intense » pour parler d’un champs) lorsque la gravité est forte. Et c’est pour ça que le temps « s’arrête » dans un trou noir.

4. Ainsi, plus un objet se déplace vite, plus sa masse augmente, plus le champs gravitationnel local est intense, plus le champs temporel est « repoussé »: son temps ralentit. Le paradoxe des jumeaux est sauvé.

Voilà, de mon côté, il est maintenant l’heure d’aller prendre un Doliprane. Merci à ceux qui ont eu le courage de lire jusqu’ici!

A vous maintenant:

> Où sont les inévitables grosses incohérences de mon hypothèse ?

> Si un objet rapide est massif, un photon pourrait générer des ondes gravitationnelles (et des ondes temporelles donc). Pourquoi n’a-t-on pas observé d’ondes gravitationnelles émises au niveau quantique ?

> Surtout, quel nom cool donner aux particules de temps ?


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L’économie positive, en quoi ça vous concerne ? (Indice: ça parle aussi de dauphins et de café)

 

Valls LH

Qui a dit qu’il y avait un paradoxe sur cette photo ??

 Vous connaissiez le concept d’économie positive ?

Non?

Moi non plus, jusqu’à ce que le LH Forum m’invite au Havre à participer aux conférences, débats et tables rondes dans lesquelles on retrouvait du Manuel Valls, du Hubert Reeves, du Jacques Attali, du Alain Juppé, du Jean-Claude Trichet, du Gilles Babinet…

En fait, je ne connaissais pas le concept d’économie positive mais je crois que j’en faisais un peu sans le savoir avec StayHome et Transporteurs d’Image. L’idée de l’économie positive c’est en gros que l’argent devienne un moteur d’amélioration du monde (environnement, humain…), plutôt qu’un agent destructeur, ce qu’il est la plupart du temps.

Mais donc, en quoi ça vous concerne ? Eh bien parce que n’importe lequel d’entre nous peut devenir un acteur de cette économie salvatrice, que ce soit par exemple en investissant son épargne judicieusement ou en créant une entreprise qui vienne répondre à un problème identifié.

Sur le premier exemple, la patronne de Novethic est ainsi venue nous expliquer l’essor des fonds ISR et surtout en quoi on peut demander à son banquier d’orienter son épargne sur des fonds qui soutiennent les énergies renouvelables plutôt que les énergies fossiles. Parmi les 500 ou plus personnes de la salle ce matin, lorsque la question a été posée à la salle de savoir qui pouvait dire en quoi son « Livret de Développement Durable » à la banque était durable, UNE seule personne a répondu. Vous par exemple cher lecteur, savez-vous ce que votre Livret DD a de durable ? Je l’ignorais aussi, mais je ne manquerai pas d’interroger mon banquier la prochaine fois que je le vois…Vous aussi pouvez non seulement poser la question à votre banquier, mais lui demander que votre épargne viennent tant qu’à faire irriguer des pans de la green économie qui en a vertement besoin (haha). Cette économie là est comme l’autre: pour financer ses besoins en machine, équipement, hommes, R&D, elle a besoin de capitaux. En dirigeant votre épargne vers elle, vous lui fournissez le carburant de sa croissance, sans que ça ne vous coûte rien (au contraire) et sans vous fatiguer le moins du monde. Pas mal, déjà, non ?

Sur le deuxième exemple, c’est un entrepreneur hors pair que je découvre ce matin qui est venu nous mettre une bonne paire de claque à tous: Gunter Pauli.

Gunter Pauli

Meet Gunter Pauli

Je vous préviens tout de suite, c’est le genre de gars brillant qui fout des complexes tant il a fait et continue de faire des choses incroyables.
Ce belge et auteur du concept d’Economie Bleue nous a expliqué comment, très concrètement, il avait initié dans le monde 190 projets d’entreprises visant toutes à réduire l’emprunte écologique humaine. Et ça marche: il a mobilisé à travers ses activités près de 2 milliards d’euros et créé 4 millions d’emplois à travers le monde. Tout en taclant les titulaires de MBA et autres consultants McKinsey – ce qui me plait toujours généralement, il nous a fait la démonstration qu’on peut tout à fait ne PAS se concentrer sur une seule activité ET réussir (cf mon article sur les experts généralistes).

A titre d’exemple, il a fondé des entreprises de pêche qui utilisent, comme les dauphins, des bulles d’air pour attraper les poissons, ce qui a pour immense avantage 1/de ne pas détruire les fonds et 2/de ne pas attraper de poissons femelles enceintes (je ne sais pas quel est le terme scientifiquement exact…). Car, je n’avais pas réalisé, mais la pêche intensive de millions de poissons femelles enceintes accélère dramatiquement vite la disparition de l’espèce. Or, on pêche déjà 2 fois plus de poissons qu’il ne s’en reproduit. Ou encore, il fabrique des vêtements à base de marc de café. Ou encore, il produit en très grande quantité (1 million de tonnes) du papier issu du déchet des mines – oui, du papier à base de pierre, vous avez bien lu. Pas d’arbre coupé, pas d’eau consommé (même si d’aucuns font remarquer que ce n’est pas non plus 100% écologique, bien que cent fois moins stupide que du papier à base d’arbres). Du papier à base de déchets de mine d’uranium ou d’or. Son truc à lui, c’est notamment de copier la nature, dans laquelle le concept de déchet n’existe tout simplement pas. Le déchet est, il faut le rappeler, une invention humaine – et pas la meilleure.

Or, quel a été son message essentiel: cessez de penser et agissez. Pendant que Greenpeace est toujours en train de se demander, nous racontait-il, si oui ou non son papier issu de pierre est vraiment écolo, la Chine lui en commande plusieurs millions de tonnes. Cessons parfois de penser, et agissons, quelle que soit l’échelle. Ce que nous répétait aussi Alain Juppé d’ailleurs.

Juppé

Là on dirait pas mais il a été plutôt drôle

Point de startups numériques ce matin donc pour changer, rien que du bien concret, du solide, du tangible, bien loin de l’univers hi tech si trendy dont on a l’habitude. Et je dois avouer que ça fait du bien. Surtout quelques jours après la Marche pour le Climat organisée notamment par Avaaz, et à laquelle j’ai également participé. Allez, la journée continue, ceci n’était qu’un aperçu de la matinée, je file maintenant écouter un des Directeurs de la Banque de France et enseignant à Aix Marseille.
Merci au LH Forum de pouvoir réunir autant de belles personnes qui agissent pour changer le monde. C’est inspirant, vraiment.

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