Le Blog de Nicolas Beretti

Avec de l'entrepreneur et de l'auteur à l'intérieur


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Economisez 30 000 euros de consulting avec ce graphique

A l’occasion d’une conférence que je menais dans une entreprise, et où l’on parlait notamment d’innovation, ma cliente me demande de lui envoyer quelques liens intéressants sur le sujet. Il me revient alors en mémoire un TEDx de Guy Kawasaki, bonhomme dont j’ai déjà parlé mille fois ici, et en le re-regardant, je me suis dit qu’il fallait que je partage avec vous le passage qui me semble vraiment intéressant sur l’épineuse question du positionnement d’une idée, afin de pouvoir répondre une fois pour toute à cette fameuse question: « mon idée X ou Y est-elle finalement fumeuse ou réellement prometteuse ? » 

Comment positionner simplement votre innovation ?

Avoir des idées, c’est facile. Tout le monde en a, mais seuls certains d’entre vous les mènent même avec brio au stade de la réalisation (je pense à mon amie Raphaëlle et son pot de fleurs connecté MEG). Innover suppose prendre un risque, celui de se planter, de ne pas réussir à donner vie à son idée, ou celui de voir les clients ne pas l’acheter. Or, rien n’est plus difficile que de rester objectif quant à ses propres idées: par définition, si on les a eues, c’est pour une raison, et cette raison (plus ou moins obscure) nous pousse à croire qu’on a raison. C’est confondre enthousiasme et nécessité !

On peut être passionné par la collection de petites cuillères en bois, ça n’en fera pas moins un sujet de business difficilement réalisable. De même, devant une interminable ToDo list, on a bien souvent tendance à commencer par ce qui nous coûte le moins d’efforts, fainéants que nous sommes, alors même que peut-être, la vraie priorité est ailleurs. 

Or donc Guy Kawasaki dans ce TEDx Berkeley nous donne une grille d’analyse simple à mettre en oeuvre pour positionner vous-même votre idée – et économiser, comme il le précise malicieusement, un paquet de dollars en factures MacKinsey.

Ce graphique, si vous vous posez honnêtement les bonnes questions qu’il soulève, pourra vous permettre d’éviter de vous lancer à corps perdu dans une idée qui vous enthousiasme, mais vous coûtera une fortune sans vous rapporter un centime faute de…clients. Je l’ai reproduit comme je pouvais en partant de celui de Guy Kawasaki (j’ai gardé des termes anglais car je ne savais pas comment traduire vraiment correctement « uniqueness » en français – si quelqu’un a une idée, je suis preneur):

Innovation Map

Innovation Map inspirée de Guy Kawasaki – ©NicolasBeretti2015

 Voici comment le lire:

> Red Ocean: si votre idée n’est pas unique, vous combattrez alors celle des autres sur le terrain du prix. Les clients auront le choix à l’achat, et vous affronterez vos concurrents dans un combat sanglant (d’où « l’océan rouge » – pour ceux qui sont familiers de la « Stratégie de l’Océan Bleu »). Mauvaise idée de s’y embarquer. Votre innovation peut être certes très utile pour le client, mais possède-elle vraiment quelque chose d’unique ? Fonctionnalité, design, option, ingrédients…?

> Cemetery: ici reposent plus ou moins en paix les innombrables idées n’ayant malheureusement rien d’unique, et, pire encore, ayant pas ou trop peu de valeur aux yeux des clients. Comme 9 produits de grande consommation sur 10 sont des échecs commerciaux (dans les rayons des supermarchés ne subsistent que les vaillants survivants, machines à cash pour les distributeurs), on peut dresser une liste infinie de ces produits et services n’ayant jamais trouvé leur public.

> Unique but no customer: vous tenez une idée incroyable, originale, personne d’autre au monde ne l’a jamais faite ? Eh bien commencez donc par être méfiant, alors ! En vertu de la loi (légendaire) selon laquelle lorsque vous avez une idée innovante, 7 personnes au moins dans le monde l’ont en même temps que vous, si personne n’a jamais réalisé quelque chose d’approchant votre idée, c’est que vous avez probablement une mauvaise idée, ou une idée simplement « hobbie ». Lorsqu’un produit ou service encore inexistant pourrait apporter de la valeur aux clients, et donc générer des piles de cash, dites-vous bien que des petits malins y ont bien souvent déjà pensé avant vous. Commencez donc par vous demander pourquoi diable personne n’a réalisé votre idée avant, au lieu de placer tous vos espoirs et vos économies dans le fait que personne ne l’ayant eue avant vous, cette idée vaut forcément de l’or… A titre personnel, je classerais presque ici ma première idée business réalisée (Transporteurs d’Image) une bonne idée, utile et efficace, mais qui peine un peu à prouver sa valeur aux yeux des clients (bien que nous ayons eu de beaux succès quand même, ne soyons pas mesquins).

> Great Insight: bingo, votre idée possède quelque chose d’unique que les autres n’ont pas, et elle rend service aux yeux des clients (c’est-à-dire, pour résumé, qu’elle leur permet de faire cesser une « douleur » ou une gêne OU qu’elle leur permet de générer de la satisfaction ou du plaisir) ? Considérez sérieusement alors de réaliser au plus vite un prototype. Parce que parmi les 7 autres personnes qui ont eu la même idée en même temps que vous, un ou deux vont peut-être passer à l’acte dès aujourd’hui. Dans ce cas, et dans ce cas seulement, retroussez vos manches et chantonnez l’air des entrepreneurs innovants:

Don't worry be crappy, inspiré de Guy Kawasak - ©NicolasBeretti2015

Pour conclure

Comme il le dit si bien lui-même: « Ship, then test« ! Ne ratez pas l’opportunité d’apporter au monde votre bonne idée, foncez. Si elle est unique et qu’elle a de la valeur, le succès vous attend, petits veinards ! Pour voir sa conférence, qui est en plus d’être intéressante très sympa à voir, c’est ici.


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Cette vidéo que vous ne devez pas regarder

Je n’ai pas pour habitude de publier des vidéos sur ce blog, mais celle-ci mérite vraiment que vous preniez 8min pour la regarder en entier. Surtout si, comme tant d’autres, vous sentez bien au fond de vous que votre propre vie vous échappe, prise dans les contraintes et les rythmes imposés par un système qui tourne en rond ; que tout n’est qu’une vaste blague un peu inutile et qu’au fond, vous n’êtes rien. Car c’est bien tout le drame et l’absurde de ce que nous sommes, avec nos Iphone 7 et nos crédits sur 45 ans: rien.

La question du pourquoi de nos vies me passionne, principalement parce que j’ai l’intime conviction que chercher à répondre à cette question c’est donner un sens à sa vie, et je trouve cette vidéo est extrêmement puissante pour vous mettre face à vous-même, face à une grande question, le tout en 8min. 

Je crois aussi que l’entrepreneuriat est une des manières les plus efficaces et brutales pour aider à affronter cette question et y apporter des réponses, parce que devenir responsable de votre propre liberté vous oblige à vous interroger intensément sur tout ça – mais je ne sais pas ce qu’en pensent les autres entrepreneurs qui liraient ce billet ?

Je retiens tout particulièrement une phrase que je voudrais partager ici tant elle est malheureusement vraie:

« Nous taillons le monde en pièces à la recherche de la joie, sans jamais regarder au fond de nous »

Que vous soyez au bureau ou chez vous, bloquez les 8 prochaines minutes, montez le son et regardez:


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#ViteFaitBienFAit: lisez n’importe quel article, site, document en ligne 2 à 3 fois plus vite sans effort

Vous le savez peut-être, je suis (un peu) obnubilé par l’efficacité. Or dans nos métiers du tertiaire (pour ceux que cela concerne), la matière brute que vous manipulez à longueur de journée reste de l’information. Tant que vous ne serez pas maçon ou ébéniste (et c’est dommage, car il en manque), vous passez le plus clair de votre temps à ingurgiter de l’information d’un côté et à la transformer en une autre information de l’autre (rapport, note, PowerPoint, « reco », « pitch », ce que vous voulez).

Autrement dit, plus vous serez capable « d’ingurgiter » de l’info rapidement, moins de temps cela vous prendra et plus vous aurez de temps pour faire autre chose. Combien de temps passez-vous chaque jour à lire ? 3 heures ? Faites le compte, c’est énorme. Pensez à toutes ces notes, ces synthèses, ces documents Word, ces pages Wikipedia, ces dossiers PDF… 5 heures par jour ? Imaginez que vous divisiez ce temps de lecture par 2. Juste par 2. C’est facile, voici comment.

La technologie au chevet de notre efficacité professionnelle

Je vous ai déjà parlé de lecture rapide ici, je ne vais donc pas revenir sur son principe et son intérêt. En revanche, entre temps est sorti une petite application bien sympathique dont je parle depuis longtemps dans mes conférences sur l’efficacité professionnelle: Spritz. Cette application pour flemmards est basée sur un principe simple: au lieu que ce soient vos yeux qui se déplacent sur le texte, c’est le texte qui va se déplacer devant vos yeux. Mais d’une manière telle que vous n’aurez aucun effort d’ajustement à faire. Comment l’utiliser simplement et rapidement pour lire 2 fois plus vite tout de suite ?

Etape 1: installez le Spritzlet sur votre navigateur web

A l’instar du Web Clipper d’Evernote que j’ai maintes fois présenté, le Spritzlet est un petit widget que vous pouvez ajouter à votre barre de favoris en cliquant ici. Une fois installé, ça donne quelque chose comme ça (sur Chrome en tous cas):

Spritzlet

Vous aurez reconnu à droite le Web Clipper d’Evernote (l’éléphant gris) et à gauche, le Spritzlet (et sa navrante absence de logo).

Etape 2: Créez un compte pour lire au-delà de 450 mots par minute 

450 mots/minute, ça n’a aucun intérêt, c’est la vitesse moyenne d’un étudiant fatigué le lundi matin. Nous on vise au-delà. Donc, créez un compte lorsque le widget vous le suggère. Ainsi, vous pourrez régler la barre de vitesse de défilement dont vous voyez un exemple ci-dessous (en bas à droite) au-delà de 450 mots/minute.

Barre défilement

Etape 3: lisez votre page web ou votre document à 600 mots par minute (ou 800 si vous êtes en forme)

Tout est dit. Vous verrez votre texte défiler à la vitesse choisie et le lirez très facilement 2 à 3 fois plus vite tranquillement. Astuce: pour lire un extrait d’un texte (par exemple, un paragraphe sur Wikipedia), vous sélectionnez avec la souris le texte à lire, et vous cliquez sur votre Spritzlet sur votre barre de navigation. C’est tout ! Bonne lecture, et si vous en êtes content, faites passer l’astuce en partageant l’article ci-dessous !


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Les 4 mauvaises raisons de créer son entreprise

Le saviez-vous ?

8 français sur 10 considèrent que créer sa boite est plus valorisant que le salariat. En outre, 50% des 18-34 ans rêvent de se lancer dans une aventure entrepreneurialeSi donc l’envie vous chatouille vous aussi: rassurez-vous, vous êtes parfaitement normal. Et vous avez bien raison: je répète à tout va qu’à mon sens, c’est la plus belle aventure personnelle à vivre tant on apprend en général, et on apprend sur soi en particulier.

Mais attention.

Si l’envie de se lancer est donc devenu tout à fait mainstream, il existe 4 très mauvaises raisons de créer sa boîte. Si vous vous reconnaissez dans l’une d’elle, méfiez-vous ! 

Les 4 mauvaises raisons de créer sa boîte

L'argent

Si c’est vraiment l’argent qui vous intéresse, postulez dans une banque, vous y ferez une carrière tranquille avec la certitude de pouvoir avoir un bon salaire et emprunter pas cher pour investir en locatif et vous constituer en 10 ans un beau patrimoine.

Le pouvoir

Si vous rêvez d’accrocher un sigle « PDG » à votre carte de visite ou si vous mouillez votre pantalon à l’idée de donner des ordres, 2 solutions alternatives beaucoup plus efficaces s’offrent à vous: pour 10 euros, imprimez-vous des cartes de visite au titre bien ronflant pour maquiller votre numéro d’auto-entrepreneur, ou bien engagez-vous à l’armée, où vous aurez toujours un pauvre gars sur qui aboyer.

L'ennui

C’est sûr que lorsqu’on voit Sir Richard Branson déguisé en hôtesse de l’air sur un vol d’Air Asia ou faire du base jump aux Emirats ou à poils pour lancer Virgin Mobile UK, la vie de PDG fait rêver. Dans la vraie vie, vous gérerez surtout des emmerdes, des courriers de l’URSSAF, et des emmerdes de l’URSSAF.

Temps libre

Une de mes amies entrepreneuse a perdu 12kg après avoir créé sa boite. Un autre a repris 15kg juste après avoir revendu la sienne. Vous rêvez de pouvoir passer vos après-midi au Starbucks ou de partir à 17h du bureau sans que Gérard de la compta ne vous lance pour la 150ème fois: « Alors, on prend sa journée ? » ? Devenez fonctionnaire territorial ou bien postulez à un emploi fictif dans un endroit paradisiaque où c’est la norme (Mayotte, Polynésie, Levallois-Perret). Parce que si vous montez votre boite, vous serez vous-même votre pire tyran – juste après vos clients.

***

Si malgré tout vous avez envie de vous jeter à l’eau, et que ce n’est pas pour une de ces raisons, vous avez bien raison. Car c’est en dehors de votre zone de confort que votre vraie vie commence.

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