Le Blog de Nicolas Beretti

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Les 10 commandements de la présentation

LES 10 COMMANDEMENTS DE LA PRESENTATION

On l’a déjà dit : l’abus de présentations PowerPoint mal conçues et mal présentées nuisent à l’intelligence collective. « Les présentations saturent les disques durs, la bande passante et les cerveaux », disait le PDG de Sun Microsystem. Comme tous ces automobilistes qui se disent excellents conducteurs mais sont toujours trop nombreux à avoir des accidents, en entreprise tout le monde pense savoir se servir de PowerPoint, et pourtant tout le monde subit à longueur de journée des présentations d’un ennui apocalyptique.

Ces 10 astuces vous aideront à réussir à coup sûr votre présentation. Elles sont issues du livre Stop au PowerPoint! et d’articles de Nancy Duarte parus dans Harvard Business Review.

> Retrouvez l’intégralité de l’article sur le site de L’Express.

1 – UNE PRESENTATION SI NECESSAIRE SEULEMENT TU FERAS

Avant même de commencer à parler de présentation, assurez-vous que vous avez réellement besoin de présenter quelque chose. Demandez-vous systématiquement si une note de synthèse ne pourrait pas avantageusement remplacer votre présentation. La note de synthèse constitue un effort intellectuel de concision de l’information permettant d’exprimer cette dernière le plus clairement possible avec le moins de mots possible. S’il n’y a pas réellement nécessité de présenter visuellement quelques chose, ne présentez rien.

2 – TA BIG IDEA CLAIREMENT TU EXPRIMERAS

Avant de commencer à travailler sur votre présentation, focalisez-vous sur votre discours. Quelle est l’idée essentielle que votre auditoire devra retenir de votre intervention ? Quelle est LA big idea de votre présentation ? Ce fil rouge de votre discours ne constitue en aucun cas le thème de votre présentation : c’est au contraire une opinion que vous exprimez à ce sujet, c’est la raison pour laquelle ces gens sont venus vous écouter vous leur en parler. Faites l’effort d’exprimez votre Big Idea avec une phrase commençant par exemple par « Ma présentation démontre que…. » ou « Je voudrais qu’ils réalisent que… » Une présentation type « Résultats financiers trimestriels » n’exprime pas une Big Idea : si c’est tout ce que vous avez à communiquer, envoyez un tableau par email. Annoncez votre Big Idea dès le début de votre présentation si vous avez l’intention de démontrer votre idée, ou placez-la à la fin si vous préférez tenir en haleine votre auditoire jusqu’à la dernière minute.

> Retrouvez l’intégralité de l’article sur le site de L’Express.

(Bonus:)

Stop au PowerPoint - PowerPoint ennui

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Vous n’avez rien à dire ? Faites-en un PowerPoint !

Dave Paradi, un consultant canadien spécialisé en PowerPoint, effectue tous les ans une étude destinée à déterminer les facteurs d’ennui d’un PowerPoint. En d’autres termes, il vous livre une recette implacable pour tuer l’attention de votre public, ce qui peut s’avérer fort utile si vous n’avez rien à dire. Voyons un peu comment réduire les malheureux qui vous écoutent à un niveau d’activité cérébrale digne de nos amis lolcats.

PowerPoint ennuyeux - Lol cats - Stop au PowerPoint

L’étude de Dave Paradi, qui porte d’ailleurs bien son nom («The Annoying PowerPoint Survey»), classe les trucs les plus ennuyeux avec PowerPoint :

  1. L’orateur qui lit ses slides : 74%
  2. Des longues phrases rédigées au lieu de bullet points : 51%
  3. Texte trop petit : 48%
  4. Slides illisibles à cause du choix des couleurs : 34%
  5. Graphiques et diagrammes trop complexes : 26%

Dans un pamphlet visionnaire et désormais célèbre (que vous pouvez télécharger gratuitement), Rafi Haladjian déclare quant à lui que « si la religion était l’opium du peuple, PowerPoint est celui du cadre », car selon lui PowerPoint est un outil « d’anesthésie ».

Allez, pour paraphraser cette belle citation criante de vérité, je vous ai préparé un petit PowerPoint…

Mort par PowerPoint - powerpoint ennui - Stop au PowerPoint

(PS : slide inspirée d’une slide anglo-saxonne dont je n’ai pas retrouvé le blog d’origine…)


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PowToon : quand Roger Rabbit dépoussière vos vieilles slides PowerPoint

Connaissez-vous PowToon ?

Comme sa baseline l’indique, PowToon a pour ambition de proposer un remède de cheval contre l’ennui qui règne dans le monde propre et lisse de PowerPoint.

Oui, mais comment ? 

En ajoutant un brin d’awesomeness à vos présentations. Ceux qui ne sont pas familiarisés avec la notion d’awesomeness, je vous invite à aller prendre un cours accéléré ici avec le maitre incontesté de la chose. Concrètement, et comme indiqué dans le titre de cet article, PowToon vous permet de créer facilement des présentations animées dans une franche ambiance cartoon. Comme si Tex Avery avait croisé le chemin de Bill Gates. Ou Roger Rabbit. Enfin, vous avez saisi.

Plutôt que de vous parler deux heures du concept, je vous laisse voir par vous-même ce que ça donne :

Mais encore ?

Il y a eu PreziThePit.ch, il y a PowToon, il y en aura certainement d’autres (je suis tombé il y a peu sur une startup française qui bossait sur un nouvel outil de présentation, mais je ne me souviens plus de son nom – si vous le connaissez…).

Ce qui est à mon sens intéressant dans tout ça, mis à part le fait qu’on va pouvoir créer tout un tas de nouvelles présentations rigolotes pour finalement dire du mal de PowerPoint, c’est qu’il y a clairement une volonté massive de trouver des alternatives au logiciel de Microsoft. La vraie question : Microsoft et Apple vont-ils rester les bras croisés, confiants dans l’hégémonie absolue de leurs logiciels, ou bien vont-ils préventivement racheter ces bouillonnantes startups avant qu’elles ne prennent trop de place ?

L’avenir de PowToon

Bien que particulièrement convaincu de la fin prochaine de PowerPoint, j’ai tendance à penser que PowToon se limitera à des sphères privées et à des présentations online de startups (qui ont pour raison d’être de dépoussiérer le passé). En revanche, j’ai un peu de mal à imaginer, demain, des CEO en cravate présenter aux investisseurs leurs futurs plans de restructuration à coup de dessins animés…

Le mot de la fin

– Prezi, PowToon, et les autres… c’est une révolte ?

– Non sire, c’est une révolution.

Du moins, c’est ce qu’on peut souhaiter.


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Dominique Wolton vs. PowerPoint

Il y a eu d’abord le New York Times en 2010, repris par le Figaro. Puis le livre de Frank Frommer, en France. Puis celui de ma pomme. Et enfin, les articles d’Antoine Compagnon dans le Huffington Post. Aujourd’hui, dans la lutte encore balbutiante qui a démarré contre l’hégémonie du prêt-à-penser PowerPoint, c’est un allié de poids qui vient de nous rejoindre : Dominique Wolton. 

Directeur de l’Institut des Sciences de la Communication du CNRS (ISCC), fondateur et dirigeant de la revue Hermès,  Dominique Wolton apporte sa lecture de chercheur et praticien de la communication quant à la domination sans partage d’un logiciel au départ simple outil de présentation. Le temps d’une interview exclusive pour Jepensedoncjeslide.com et pour Marketing Community, il nous dit tout le bien qu’il pense de ce logiciel qu’il qualifie de « servitude planétaire », sans aucune slide et avec des verbes conjugués. Décryptage.

Nicolas Beretti : Dominique Wolton, le titre de votre dernier ouvrage, « Indiscipliné », me parle tout particulièrement : sans me définir comme un chercheur, j’adhère volontiers à votre démarche qui consiste « à penser différemment dans un monde en ordre ». Dans votre dernier ouvrage, vous expliquez comment vous privilégiez dans la communication une approche humaine et politique plutôt que technique et économique. Or aujourd’hui, 30 millions de présentations sont réalisées chaque jour ; 97% des entreprises sont équipées de PowerPoint et possèdent des salles dédiées aux réunions PowerPoint avec rétroprojecteur, grand écran et prises informatiques pour PC. C’est dire, donc, que dès la conception des bureaux par l’architecte,la présence de PowerPoint est anticipée… une question se pose alors : lorsque la main n’a plus le choix de l’outil, qui, de la main ou de l’outil, utilise qui?

Dominique Wolton : C’est l’outil qui instrumentalisme, non seulement la main, mais aussi l’esprit. Les conséquences pour la communication sont désastreuses, et en même temps paradoxales : ainsi ce sont ces mêmes entreprises, suréquipées en outils de communication de type PowerPoint, qui sont obligées d’organiser des stages de rencontres humaines et de communication ! La communication n’est pas faite pour être formatée comme c’est le cas avec PowerPoint : c’est, sinon, nier que les publics sont différents. Cette conception qu’a PowerPoint du public est simple : celui-ci n’existe pas, il est asexué, universel, il pense partout la même chose. On raconte la même chose partout dans le monde quelque soit le public . En ce sens, PowerPoint est une pseudo-rationnalisation de la communication, mais trahit en fait une paresse intellectuelle de l’émetteur, qui par conséquent méprise en partie le récepteur. Ou plutôt, le récepteur est neutralisé. Seul compte le message et l’émetteur ! Et que dire avec les langues étrangères ! L’illusion technique nie ici la réalité humaine, et c’est pourquoi l’enseignement ne devrait pas faire appel à PowerPoint, car l’essentiel de l’éducation, c’est la transmission, l’interaction des sentiments et des affects, la parole, les geste, un rythme qui n’a rien de rationnel…et donc qui n’a rien à voir avec PowerPoint. D’une aide technique, PowerPoint est devenu une servitude.

N.B : Considérant cet état de servitude justement, comment l’homme prétendument libre peut-il construire sa pensée et la transmettre dès lors que le cadre cognitif est verrouillé ?

D.W: Ces outils renvoient une illusion, l’illusion d’une universalité de la pensée. Or ce n’est pas parce qu’il y a des outils mondiaux qu’il y a une pensée mondiale. L’effet de négation des différences – culturelles, religieuses – induit par PowerPoint va un jour se payer très cher. Le logiciel provoque une illusion de rationalité à laquelle le monde professionnel se raccroche, mais à la fin de la journée, lorsque les bureaux sont fermés, les femmes et les hommes retrouvent des cultures radicalement différentes. C’est ce que je trouve dommageable avec PowerPoint : il renvoie à une vision dangereuse et extrêmement limitée de la mondialisation, où tout le monde se comprend. Supprimer PowerPoint, ou tout au moins relativiser sa place, c’est alors admettre que la diversité culturelle est le véritable enjeu de la mondialisation. Et si c’est la diversité culturelle est bien l’enjeu de la mondialisation, alors par définition il faut dans la communication un petit peu de PowerPoint, mais surtout beaucoup de salive et d’humain !

N.B : Vous avez utilisé le terme « illusion de rationalité », ce qui est très frappant. Nassim Nicholas Taleb, l’auteur notamment du livre « Le Cygne Noir », y écrit : « la condition qui nous fait simplifier les choses est aussi celle qui nous incite à penser que le monde est moins aléatoire qu’il ne l’est réellement ». On a pu lire dans le New York Times, notamment, que PowerPoint provoquait une illusion de clarté et une impression de compréhension. Je parle dans mon livre de l’illusion simplificatrice. Est-ce à dire que vous êtes plutôt d’accord avec cette idée d’escroquerie et d’illusion que sous-entend PowerPoint?

D.W : Tout à fait. PowerPoint, c’est une illusion de rationalité, une illusion de simplification et une illusion d’universalité de la communication. C’est très anglo-saxon cette illusion de rationalité : on ne touche jamais à la profondeur de l’histoire, on reste en surface, en imaginant ensuite que les messages vont passer…C’est oublier que les civilisations ont des semelles de plomb, comme disait Rimbaud. Ce n’est pas parce qu’on se déguise tous de la même manière qu’on se comprend.

N.B : En l’occurrence, ici le costume 3 pièces c’est l’attaché-case, le portable et Powerpoint…

 D.W : Exactement. L’hégémonie de PowerPoint, au-delà d’un fait, est un véritable symptôme.

N.B : Tout à fait d’accord. D’ailleurs, étant donné cette hégémonie, on peut je crois affirmer que son influence est systématique, voire systémique. Peut-on alors penser que PowerPoint provoque des biais cognitifs, en émission comme en réception ?

D.W : Je le pense. Aujourd’hui il y a un consensus pour dire que le monde est compliqué – ce qui est vrai. La logique de simplification de PowerPoint, en émission et en réception, provoque des mécanismes absolument inadaptés à cette complexité : on a l’impression que tout est simplifié, qu’on maitrise notre environnement…A ce titre, PowerPoint est une sorte de baguette magique. Pourtant, rien de rationnel dans une baguette magique…

N.B : Je vous avais promis de faire court vu votre planning serré, donc nous arrivons à la dernière question : Dominique, quel avenir pour les communications humaines dans ce monde technique qui est le nôtre aujourd’hui ?

D.W : L’idéologie technique va perdurer encore quelques temps, puis s’effondrer. Je vois deux raisons à cela : d’abord, il y aura des bugs énormes, qu’ils soient économiques, financiers ou autres…Ensuite, je pense que la génération qui aura été élevée au biberon de cette idéologie technique va engendrer une génération qui, en revanche, va prendre conscience de la folie de son héritage. L’effritement de cette idéologie sera je crois accompagnée d’une recherche de l’humain, car au final, notre usage immodéré de la technique n’est motivé par rien d’autre que par la recherche de l’humain…On remettra alors à la place qui est la leur ces outils technologiques : parfois utiles, parfois révolutionnaires, mais aussi parfois complètement inutiles. A mon sens, c’est de l’excès même de ces systèmes d’information et de ces technologies que viendra le retour de l’humain. Le plus tôt sera d’ailleurs le mieux, car cette domination idéologique provoque un dumping terrible des pays du Nord sur les pays du Sud, à qui l’on répète sans cesse qu’ils ne sont pas assez « équipés » en technologie. Et le problème, c’est que dans 20 ou 30 ans, lorsque les pays du Nord auront enfin compris l’inefficacité du tout- technologique, les pays du Sud, eux, seront alors au stade qui est le nôtre aujourd’hui. Et les incompréhensions qui en résulteront risquent d’être colossales.