Le Blog de Nicolas Beretti

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Embaucher gratuitement Richard Branson, Steve Jobs, Tim Ferriss ou Kennedy

Que vous soyez chef d’entreprise, fondateur d’une startup ou manager d’une business unit, vous avez chaque jour une quantité non négligeable de décisions à prendre (à ce sujet, lisez ici comment vous fabriquer la To Do list la plus efficace du monde en 3 minutes). Parfois, ce sont des problèmes complexes à résoudre ou des décisions stratégiques : dois-je changer le nom de mon entreprise ? Doit-on attaquer tel marché, ou nouer tel partenariat ? Invariablement, vous aurez remarqué que dans ces moments-là, vous êtes bien…seul. C’est à vous seul qu’incombe de prendre la décision, et c’est à vous d’en assumer les conséquences. C’est parfois un brin stressant, j’en conviens – pour l’expérimenter à peu près tous les jours.

Vous êtes seul à décider ? Entourez-vous de superstars du business.

Tous les entrepreneurs n’ont pas forcément la chance ni les moyens de s’entourer d’un board de conseillers ou de directeurs à même de les aider dans leurs choix et décisions quotidiens. Le commun des entrepreneurs, particulièrement dans les startups, n’a pas la possibilité de rémunérer ou même d’intéresser des stars du business et de les faire venir à leur board de conseillers. Donc, que faire pour ne plus être seul et bénéficier de conseils inestimables venant de personnalités éminemment reconnues ? C’est ici qu’intervient une petite technique que je trouve très intéressante si elle mise en oeuvre sérieusement, qu’on appellera ici le « SchizoBrainstorming » (première mondiale, s’il vous plait).

La schizophrénie comme mode de management de projet

Bien que j’utilise ici le mot schizophrénie à tort (il faudrait plutôt parler de Troubles Dissociatifs de l’Identité, mais ça sonne tout de suite moins bien), on s’en contentera pour la simple et bonne raison que pour la plupart des gens, y compris votre serviteur avant de me pencher sur le sujet, la schizophrénie et les troubles dissociatifs de la personnalité (autrement dit, être plusieurs dans sa tête) sont une seule et même maladie. On va donc garder le terme « schizo » pour plus de clarté.

Le cerveau humain est capable de bien des prouesses, et notamment dans sa capacité d’imagination, formidablement puissante et sous-exploitée dans nos sociétés post-modernes ultra-rationalistes, où Excel et PowerPoint dominent la pensée mondiale. Le SchizoBrainstorming va venir précisément s’appuyer sur les capacités d’imagination du cerveau pour permettre à n’importe qui de « penser » comme le ferait un autre, en l’occurrence un Steve Jobs ou un Richard Branson par exemple, et de trouver ainsi des idées et des solutions auxquelles il n’aurait jamais pensé en restant simplement « lui-même ». Le tout dans l’idée, bien entendu, d’être plus efficace et plus créatif dans sa gestion de projet ou sa résolution de problème. 

En effet, notre façon de penser est engoncée dans un tas de règles plus ou moins fortes, plus ou moins conscientes, imposées par notre éducation, l’organisation à laquelle on appartient (cf la loi de Conway), voire même sa culture, sa famille, sa classe sociale…Devant un problème, on va donc naturellement avoir tendance à chercher des solutions suivant une logique similaire à chaque fois. On va traiter l’information suivant le même schéma cognitif, en s’appuyant sur sa propre expérience passée. Or, puisque les mêmes causes produisent les mêmes effets, penser toujours de la même manière n’est pas nécessairement une bonne chose quand il s’agit d’imaginer des solutions ou des idées radicalement nouvelles. Comment dépasser cette limite cognitive qu’on s’impose à soi-même ? Par le SchizoBrainstorming. 

Rien de sorcier là-dedans, il s’agit juste d’utiliser les principes des jeux de rôle et de les implémenter dans le business. Vous souvenez-vous lorsque, étant petit, vous « deveniez réellement » le personnage que vous jouiez (le gentil chevalier, la princesse, le ninja, le superhéros…) ? Les enfants ont une formidable capacité à « oublier » le réel le temps de leurs jeux, ce qui leur permet de se glisser dans la peau de leurs personnages très facilement. Ils « vivent » ainsi leurs aventures imaginaires intensément, sous les yeux jaloux des adultes qui, finalement, avec leur costume-cravate et leurs ordinateurs, font exactement la même chose, mais ont oublié qu’il ne s’agissait que d’un rôle et restent coincés dans leur personnage imaginaire (voir du côté d’Erving Goffman pour illustrer ce point). 

Construisez votre Board imaginaire

Imaginez qu’à votre table, en l’espace de 5 minutes, viennent s’asseoir Richard Branson, Kennedy, Steve Jobs, Eisenhower ou Einstein. Vous leur expliquez votre situation ou votre problème, et vous leur demandez de plancher sur une solution. Puis, tour à tour, vous leur faites prendre la parole. Puis vous écoutez comment, considérant leur expérience respective et leur manière d’appréhender le monde, ils auraient géré le problème à votre place. Ce serait quand même sacrément pratique, avouez-le. Eh bien c’est ce que nous allons faire. Nous allons utiliser la capacité de votre cerveau à générer des idées que vous ne pensiez même pas avoir en le libérant simplement de sa cage cognitive habituelle. Le SchizoBrainstorming, de ce point de vue, est une sorte de clef de libération de votre pensée et de votre imagination, rien de plus. Comment construire votre board, très concrètement ?

Mode d’emploi d’une session de SchizoBrainstorming

Installez-vous confortablement à votre bureau. Isolez-vous pour plus de concentration. Si vous voulez pousser l’exercice, installez-vous réellement dans une salle de réunion et disposez des photos de vos idoles du business autour de la table. 

SchizoBrainstorming

Si votre chien vous semble à même de résoudre votre problème de business stratégie, invitez-le à votre session de SchizoBrainstorming. Sinon, redéfinissez votre problème.

1. Créez une Mind Map de vos personnages

Le Mind Mapping est ici un outil idéal qui vous permettra de laisser votre créativité s’exprimer librement, tout en recueillant vos idées au fur et à mesure qu’elles seront générées. Construisez une carte de ce genre, avec vos propres icônes du business : 

Mind Map de Schizobrainstorming

2. Indiquez, pour chaque personnalité, leurs principales caractéristiques  –

Ce sont ce pour quoi, finalement, ils sont devenus ce qu’ils sont devenus : audace, méthode, obsession, stratégie… Ce sont aussi les raisons pour lesquelles vous les trouves intéressants et les avez « conviés » à votre board.

3. Laissez-vous envahir par votre board

Imaginez réellement – faites l’effort – que vous êtes pour de vrai en face de ces gens-là, qu’ils vous parlent et vous regardent. Si vous ne faites pas cet effort, votre imagination ne pourra pas s’activer. Pensez, à ce stade, à votre concentration d’enfant lorsque vous jouiez à tel ou tel jeu. A cette époque, vous n’aviez aucune difficulté à vous mettre dans la peau d’un personnage fictif. Donc, vous savez le faire. Faites-le. Vous êtes bien assis en face de Steve Jobs, et vous voyez son pull noir à col roulé, son jean, sa barbe poivre et sel, et ses petites lunettes rondes. Tim Ferriss, à côté, est en t-shirt relax et vous sourit, renversé sur sa chaise. Richard Branson se recoiffe un peu et remet en place le col de sa chemise blanche, puis se tourne vers vous et vous encourage à leur présenter votre problème. Vous entendez le bruit de leurs mouvements. Ils sont bien là, avec vous.

4. Notez les idées que chacun exprime face à votre problème

Puisque vous avez mis en lumière certaines de leurs caractéristiques, en repartant du noeud central (votre problème à résoudre) et en suivant « leur » schéma de pensée. Mettez vous dans le schéma mental de chacun d’entre eux, l’un après l’autre, et sur votre Mind Mapp, notez toutes les idées que cela va générer. Ainsi, par exemple:

Tim Ferriss vous conseillera d’aller chercher en Inde un assistant virtuel doué et peu coûteux pour vous permettre de libérer du temps.

Richard Branson vous conseillera de donner à votre marque un ADN particulier et de l’insuffler à vos collaborateurs, vos produits, vos services, votre logo.

Steve Jobs vous suppliera de simplifier, simplifier, et simplifier encore votre produit, son design, sa fonction, son site web…Il vous poussera vers le Beau.

Newton prendra votre problème et en renversera la perspective : non, ce n’est pas un souci avec le produit, mais plutôt un souci avec le Pourquoi de votre activité.

– Etc…

Le SchizoBrainstorming vous permet de « sortir » de vous-même et de vos habituels schémas de pensée, et vous aide à générer des idées que vous ne pensiez même pas avoir. Non pas qu’elles apparaissent subitement : elles sont déjà en vous. Simplement, elles étaient bloquées. En laissant quelqu’un d’autre, même imaginaire, les dire à place, votre cerveau n’a plus à casser tout votre système de pensée. C’est un tour de passe-passe cognitif, mais ça marche. C’est nettement moins « douloureux » pour lui d’inventer un interlocuteur pour faire passer une idée radicalement nouvelle pour vous, plutôt que de remettre en cause 20, 30 ou 40 ans d’éducation et d’expérience…

Dernier avantage du SchizoBrainstorming : cela ne coûte rien en charge sociale ou en tickets de présence. Et vos superstars sont disponibles à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Pourquoi ne pas essayer si ça ne coûte rien et que vous avez tout à y gagner ? 

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Les 10 commandements de la présentation

LES 10 COMMANDEMENTS DE LA PRESENTATION

On l’a déjà dit : l’abus de présentations PowerPoint mal conçues et mal présentées nuisent à l’intelligence collective. « Les présentations saturent les disques durs, la bande passante et les cerveaux », disait le PDG de Sun Microsystem. Comme tous ces automobilistes qui se disent excellents conducteurs mais sont toujours trop nombreux à avoir des accidents, en entreprise tout le monde pense savoir se servir de PowerPoint, et pourtant tout le monde subit à longueur de journée des présentations d’un ennui apocalyptique.

Ces 10 astuces vous aideront à réussir à coup sûr votre présentation. Elles sont issues du livre Stop au PowerPoint! et d’articles de Nancy Duarte parus dans Harvard Business Review.

> Retrouvez l’intégralité de l’article sur le site de L’Express.

1 – UNE PRESENTATION SI NECESSAIRE SEULEMENT TU FERAS

Avant même de commencer à parler de présentation, assurez-vous que vous avez réellement besoin de présenter quelque chose. Demandez-vous systématiquement si une note de synthèse ne pourrait pas avantageusement remplacer votre présentation. La note de synthèse constitue un effort intellectuel de concision de l’information permettant d’exprimer cette dernière le plus clairement possible avec le moins de mots possible. S’il n’y a pas réellement nécessité de présenter visuellement quelques chose, ne présentez rien.

2 – TA BIG IDEA CLAIREMENT TU EXPRIMERAS

Avant de commencer à travailler sur votre présentation, focalisez-vous sur votre discours. Quelle est l’idée essentielle que votre auditoire devra retenir de votre intervention ? Quelle est LA big idea de votre présentation ? Ce fil rouge de votre discours ne constitue en aucun cas le thème de votre présentation : c’est au contraire une opinion que vous exprimez à ce sujet, c’est la raison pour laquelle ces gens sont venus vous écouter vous leur en parler. Faites l’effort d’exprimez votre Big Idea avec une phrase commençant par exemple par « Ma présentation démontre que…. » ou « Je voudrais qu’ils réalisent que… » Une présentation type « Résultats financiers trimestriels » n’exprime pas une Big Idea : si c’est tout ce que vous avez à communiquer, envoyez un tableau par email. Annoncez votre Big Idea dès le début de votre présentation si vous avez l’intention de démontrer votre idée, ou placez-la à la fin si vous préférez tenir en haleine votre auditoire jusqu’à la dernière minute.

> Retrouvez l’intégralité de l’article sur le site de L’Express.

(Bonus:)

Stop au PowerPoint - PowerPoint ennui


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L’art de ne PAS diriger sa boite

Et si tout ce que l’on croyait sur le management, enseigné à coups de slides dans les écoles de commerce, était totalement faux ? Et si la nécessité d’établir des règlements, des procédures, des hiérarchies, était parfaitement inutile ?

Un excellent article de FastCompany démontre avec un exemple français (si, si) que tout est encore à inventer en management.

FAVI est une entreprise qui emploie près de 600 personnes et, qui, pour résumer, fabrique des pièces en alliage de cuivre. L’une de ses nombreuses particularité est de n’avoir aucun service RH, et ce depuis bientôt 30 ans. Son PDG, Jean-François Zobrist, a décidé de le supprimer lorsqu’il a pris les rennes de la société, en 1983. Mais il n’a pas supprimé que le service RH.

Il a aussi supprimé l’idée selon laquelle la compétence décisionnelle appartient au supérieur hiérarchique, et, in fine, au PDG. Tout simplement parce que le PDG, pour reprendre les termes de Zobrist, « n’a aucune idée de ce que les gens font ». Cela ne signifie pas pour autant qu’il ignore leur métier ; simplement, il assume une vérité de base qui est que chaque ouvrier, chaque employé, est le plus à même de savoir comment faire ce qu’il fait tous les jours. En aucune manière le PDG n’a, là dessus, une compétence quelconque. Affirmer une telle idée et la diffuser dans l’entreprise a une conséquence absolument positive : « si mon supérieur ne le sait pas mieux que moi, alors c’est à moi de trouver la réponse ». Déresponsabiliser ainsi le management permet en fait de transformer les employés en « entrepreneurs » de leur métier : ils deviennent responsables de leur fonction. Ils lui redonnent alors un sens. Et font mieux leur job. Zobrist explique lumineusement que le problème du management classique réside dans sa capacité à réduire à néant l’aptitude à la décision chez la plupart des employés. De peur de mal faire ou pour ne pas assumer une erreur, on prend l’habitude de se retourner vers son supérieur. Qui fera de même, et ainsi de suite jusqu’au PDG. Dans cette logique donc, tout le monde est stupide sauf le PDG.

  • Assumer de ne pas savoir

Quand une logique devient absurde, il faut l’éliminer…Zobrist a donc un jour proclamé tout simplement que s’il y en a un de stupide, c’est le PDG. Lui. Parce qu’il faut laisser les gens résoudre eux-même les problèmes concernant des sujets dont ils ont toute connaissance : ils en ont la capacité, mais ne le savent pas. Lorsqu’on sait déléguer, on est toujours surpris du talent qui peut alors se manifester chez les collaborateurs. Et en plus, ça donne moins de travail à celui qui délègue ! Affirmer haut et fort « je ne sais pas » quand on est PDG et qu’on est en France est particulièrement osé. Et franchement, j’adore l’approche développée par Jean-François Zobrist, qui a réussi à faire fonctionner sans aucun problème sa société en faisant table rase de toutes les habitudes, méthodes et process classiques de management. Et ça marche.

  • « Je ne vous paye pas. Les clients, si. »

Chez FAVI, Zobrist a supprimé le concept même de hiérarchie. L’entreprise s’organise en « îlots » qui s’auto-gèrent autour d’une mission fondamentale, évidente, que bon nombre de nos grands groupes devraient afficher en grand sur leurs murs : satisfaire le client.  Lorsqu’il est devenu PDG, Zobrist a réuni ses troupes et leur a dit : « demain, quand vous arriverez au travail, vous ne travaillerez pas pour moi ou pour votre supérieur. Vous travaillerez pour les clients. Je ne vous paye pas. Eux, si. Vous faites donc ce qui est nécessaire pour eux. »

Zobrist voit ainsi la fonction de PDG comme à la fois les phares et le pare-brise d’une voiture : fournir la lumière et la vision. Le reste, par exemple l’équipement, les outils, les espaces de travail, les horaires ou les process, tout ceci est et reste entre les mains de ceux qui y travaillent. C’est leur redonner plein contrôle de leur métier, de leur fonction, de leur créativité, au service d’une mission : le client.

  • L’armée américaine a inventé le crowdsourcing

Cet article m’a fait penser à un cas d’école dans le même genre : l’armée américaine en Normandie, en 44, se cassait les dents sur un problème totalement imprévu par tous ses experts et autres généraux 5 étoiles : le bocage. Les chars d’assaut ne parvenaient pas à les passer, s’immobilisaient et se faisaient littéralement canarder par les chasseurs allemand, qui s’en donnaient à coeur joie sur des cibles fixes. Eh bien, c’est parce que l’armée a laissé ses soldats chercher et trouver une solution que tout s’est débloqué (il faut imaginer, surtout à l’époque, la révolution conceptuelle que c’était ; le crowdsourcing d’innovation n’était pas vraiment en vogue). C’est en fait un soldat de base, paysan en civil, qui a trouvé la solution. Et les chars ont pu à nouveau se déplacer. Et nous ne parlons pas allemand !

L’article de FastCompany est un régal d’impertinence managériale. Amis CEO, PDG, managers : inspirez vous !