« Moi aussi je veux un PowerPoint pourri à mon mariage », ou l’art de résumer tout un livre vite fait & bien fait

Je pense que tout le monde maintenant est tombé sur cette photo de Anne Thouret qui, honnêtement, m’a bien fait rigoler, mais au cas où vous l’ayez manquée, je vous la livre ci-dessous parce qu’elle vaut le détour (je n’ai pas trouvé de site internet de Anne Thouret, si quelqu’un l’a sous la main, je le cite volontiers!). Elle illustre à merveille l’intro de « Stop au PowerPoint ! », dans laquelle ça parle mariage au détour d’un passage sur l’organisation moderne du travail et son indéboulonnable mode projet. Mais trêve de bavardage, voici la photo :

"Moi aussi je veux un PowerPoint pourri à mon mariage", photo de Anne Thouret, 16 décembre 2012. Quand la pensée PowerPoint s'invite dans la rue
Photo de Anne Thouret prise pendant la manifestation de dimanche 16 décembre 2012.

Merci Anne pour cette perle photo !! 🙂

Vous n’avez rien à dire ? Faites-en un PowerPoint !

Dave Paradi, un consultant canadien spécialisé en PowerPoint, effectue tous les ans une étude destinée à déterminer les facteurs d’ennui d’un PowerPoint. En d’autres termes, il vous livre une recette implacable pour tuer l’attention de votre public, ce qui peut s’avérer fort utile si vous n’avez rien à dire. Voyons un peu comment réduire les malheureux qui vous écoutent à un niveau d’activité cérébrale digne de nos amis lolcats.

PowerPoint ennuyeux - Lol cats - Stop au PowerPoint

L’étude de Dave Paradi, qui porte d’ailleurs bien son nom («The Annoying PowerPoint Survey»), classe les trucs les plus ennuyeux avec PowerPoint :

  1. L’orateur qui lit ses slides : 74%
  2. Des longues phrases rédigées au lieu de bullet points : 51%
  3. Texte trop petit : 48%
  4. Slides illisibles à cause du choix des couleurs : 34%
  5. Graphiques et diagrammes trop complexes : 26%

Dans un pamphlet visionnaire et désormais célèbre (que vous pouvez télécharger gratuitement), Rafi Haladjian déclare quant à lui que « si la religion était l’opium du peuple, PowerPoint est celui du cadre », car selon lui PowerPoint est un outil « d’anesthésie ».

Allez, pour paraphraser cette belle citation criante de vérité, je vous ai préparé un petit PowerPoint…

Mort par PowerPoint - powerpoint ennui - Stop au PowerPoint

(PS : slide inspirée d’une slide anglo-saxonne dont je n’ai pas retrouvé le blog d’origine…)

PowToon : quand Roger Rabbit dépoussière vos vieilles slides PowerPoint

Connaissez-vous PowToon ?

Comme sa baseline l’indique, PowToon a pour ambition de proposer un remède de cheval contre l’ennui qui règne dans le monde propre et lisse de PowerPoint.

Oui, mais comment ? 

En ajoutant un brin d’awesomeness à vos présentations. Ceux qui ne sont pas familiarisés avec la notion d’awesomeness, je vous invite à aller prendre un cours accéléré ici avec le maitre incontesté de la chose. Concrètement, et comme indiqué dans le titre de cet article, PowToon vous permet de créer facilement des présentations animées dans une franche ambiance cartoon. Comme si Tex Avery avait croisé le chemin de Bill Gates. Ou Roger Rabbit. Enfin, vous avez saisi.

Plutôt que de vous parler deux heures du concept, je vous laisse voir par vous-même ce que ça donne :

Mais encore ?

Il y a eu PreziThePit.ch, il y a PowToon, il y en aura certainement d’autres (je suis tombé il y a peu sur une startup française qui bossait sur un nouvel outil de présentation, mais je ne me souviens plus de son nom – si vous le connaissez…).

Ce qui est à mon sens intéressant dans tout ça, mis à part le fait qu’on va pouvoir créer tout un tas de nouvelles présentations rigolotes pour finalement dire du mal de PowerPoint, c’est qu’il y a clairement une volonté massive de trouver des alternatives au logiciel de Microsoft. La vraie question : Microsoft et Apple vont-ils rester les bras croisés, confiants dans l’hégémonie absolue de leurs logiciels, ou bien vont-ils préventivement racheter ces bouillonnantes startups avant qu’elles ne prennent trop de place ?

L’avenir de PowToon

Bien que particulièrement convaincu de la fin prochaine de PowerPoint, j’ai tendance à penser que PowToon se limitera à des sphères privées et à des présentations online de startups (qui ont pour raison d’être de dépoussiérer le passé). En revanche, j’ai un peu de mal à imaginer, demain, des CEO en cravate présenter aux investisseurs leurs futurs plans de restructuration à coup de dessins animés…

Le mot de la fin

– Prezi, PowToon, et les autres… c’est une révolte ?

– Non sire, c’est une révolution.

Du moins, c’est ce qu’on peut souhaiter.

Du consultant, et de l’art de consulter

Le consultant : « A la suite de notre audit, j’ai le plaisir de vous annoncer que tout va bien dans votre société et que nous n’avons par conséquent aucun conseil à vous vendre ».

Consultant, de l'art de consulter

Situation de pur fantasme pour tout client qui a un jour eu à faire à un consultant. Avec un consultant, il y a toujours quelque chose à régler, une recommandation à donner, une méthode à mettre en oeuvre ou un modèle à appliquer. Tout simplement parce qu’un consultant qui ne dégotte pas un problème à régler n’a rien à vendre par la suite.

Vous allez me dire : il y a toujours un problème à régler quelque part. Je vous répondrais : certainement, mais tous ne nécessitent pas nécessairement un consultant pour y parvenir. Les entreprises vivaient très bien avant l’avènement des consultants.

Aujourd’hui, il doit y avoir plus de consultants que d’entreprises à consulter…

Or donc, quel est l’intérêt principal d’un consultant ?

Comme il n’appartient pas à l’entreprise, c’est son oeil externe qui intéresse, c’est à son regard a priori neuf et théoriquement impartial qu’il est fait appel.

Et quelle est la limite principale d’un consultant ?

On lui demande d’être impartial avec la main qui le nourrit. D’une certaine manière, c’est le même problème qui se pose avec les agences de notation, rémunérées par les entités mêmes qu’elles sont censées noter objectivement. Comment le conseil donné par le consultant peut-il être objectif alors même qu’il déterminera probablement le montant futur des honoraires facturés ?

Après plus de 2000 ans de retours d’expérience quant aux effets de l’argent sur l’intégrité et la probité humaines, il serait naïf de croire que le consultant échappe, seul et fier, à la règle.

Le consultant est donc un professionnel dont l’intérêt est de vous trouver un problème pour pouvoir vous vendre ensuite ses solutions.

Toute l’astuce consiste donc à convaincre le client qu’il y a un réel problème, et que le consultant détient la solution – ça tombe bien, il y a PowerPoint.

C’est sur cette même logique que fonctionne finalement la publicité, en montrant des gens trop beaux pour être vrai, des vies trop parfaites, trop riches et trop clinquantes, tout ceci afin que la nôtre paraisse si terne et si ennuyeuse en comparaison que l’on finit par être convaincu que c’est en consommant leurs produits qu’on se sentira mieux. La méthode publicitaire, pour résumer, est un simple matraquage de messages consistant à répéter que nous ne sommes pas uniques, pas à la pointe du progrès, pas connectés, pas élégants, pas en forme, si nous ne possédons pas telle voiture, telle tablette, tel téléphone, tel vêtement, tel silhouette, etc..

La méthode du consultant, qui lui ne peut pas matraquer son client 3h32 par jour, doit donc être à la fois plus fine et plus percutante, car il n’a en général qu’une seule chance de vendre ses « remèdes ». Il doit donc faire forte impression, faire mouche rapidement et efficacement.

Pour cela, quelle meilleure stratégie que celle de chercher à enfumer quelque peu ledit client, mais le plus sérieusement et le plus professionnellement du monde ?

Là où le magicien utilise de la fumée pour masquer ses trucs, là où le politicien recourt aux formules creuses pour ne pas répondre à la question posée, le consultant, lui, utilise PowerPoint pour masquer le vide souvent abyssal de ses « recos ».

Exactement comme les officiers de l’armée américaine, qui avouent utiliser PowerPoint avec les journalistes pour « noyer les poulets » et éviter les questions potentiellement embarrassantes. Le consultant doit réussir un véritable tour d’illusionniste, dont il n’a souvent lui-même plus conscience, tellement il s’est convaincu lui-même de la pertinence du contenu des slides qu’il ânonne à longueur de journée.

PowerPoint désastre - Stop au PowerPoint - Nicolas Beretti

*****

Les plus taquins d’entre vous me diront : tu es gonflé d’écrire ça, tu as mis en lumière dans un livre un problème, et tu proposes ici des solutions, comme un consultant !

Je leur répondrais deux choses:

– J’aurais fait exactement la même remarque à leur place, elle était vraiment trop tentante.

– Je ne vends pas de conseils ; je propose une lecture différente de la manière moderne de travailler…libre à chacun, par la suite, d’en faire quelque chose, ou de n’en rien faire.

Steve Jobs: « I hate the way people use slide presentation instead of thinking »

« I hate the way people use slide presentation instead of thinking »

steve-jobs-présentations-keynote-Stop au PowerPoint

Peu après son retour chez Apple, voilà une bien juste phrase du regretté fondateur de la marque de Cupertino :

“I hate the way people use slide presentations instead of thinking. People confront a problem by creating a presentation. I wanted them to engage, to hash things out at the table, rather than show a bunch of slides. People who know what they’re talking about don’t need PowerPoint.”

Je pense qu’il est inutile de commenter cette citation, par ailleurs tirée de ce savoureux article que m’a gentiment indiqué Nico.

Ou alors, je vous en fais un slideshow bien léthargique…

Nouveau livre, nouveau site !

Depuis un petit bout de temps, je n’ai pas pu écrire de nouvel article par ici (notamment je voulais vous faire une petite présentation PowToon), mais j’ai été très pris par le bouclage de mon dernier livre, la création du site correspondant, l’écriture d’un article de fond pour une revue (à paraître en décembre), et toujours mes activités entrepreneuriales…Toutes mes excuses pour cette absence !

A tous les étudiants qui se posent la question de savoir comment présenter sa soutenance (thèse, mémoire, rapport) – en fait, avec ou sans PowerPoint? – et qui sont donc arrivés par ici, je vous invite à aller jeter un oeil à mon dernier livre, il devrait vous intéresser si vous avez encore un mémoire à écrire l’année prochaine !

J’ai également décidé de regrouper les articles qui seront publiés sur ce blog et sur celui-là en un seul et même endroit, très originalement dénommé www.nicolasberetti.com. Vous pourrez donc retrouver les prochains articles de votre blog anti PowerPoint préféré là-bas aussi !

A très bientôt ici ou là donc,

Nicolas.

Angoisse de la slide blanche ? Pas de panique, activez le Pipotronic© !

Pour se détendre un peu, voici pour vous un bien bel outil pour combler le vide abyssal de vos slides PowerPoint : le Pipotronic !

En un clic, le Pipotronic saura mieux que vous comment habiller avec élégance l’absence d’idée qui caractérise bien souvent une présentation PowerPoint.

Vous avez trouvé une belle image à montrer, mais vous ne savez pas quoi dire à côté ?

PAS DE PANIQUE, utilisez le Pipotronic.

Celui qui parvient, preuves à l’appui, à placer une slide Pipotronic dans une vraie réunion PowerPoint sérieuse gagnera un exemplaire du livre « Stop au PowerPoint! » accompagné d’un Kinder.

Dominique Wolton vs. PowerPoint

Il y a eu d’abord le New York Times en 2010, repris par le Figaro. Puis le livre de Frank Frommer, en France. Puis celui de ma pomme. Et enfin, les articles d’Antoine Compagnon dans le Huffington Post. Aujourd’hui, dans la lutte encore balbutiante qui a démarré contre l’hégémonie du prêt-à-penser PowerPoint, c’est un allié de poids qui vient de nous rejoindre : Dominique Wolton. 

Directeur de l’Institut des Sciences de la Communication du CNRS (ISCC), fondateur et dirigeant de la revue Hermès,  Dominique Wolton apporte sa lecture de chercheur et praticien de la communication quant à la domination sans partage d’un logiciel au départ simple outil de présentation. Le temps d’une interview exclusive pour Jepensedoncjeslide.com et pour Marketing Community, il nous dit tout le bien qu’il pense de ce logiciel qu’il qualifie de « servitude planétaire », sans aucune slide et avec des verbes conjugués. Décryptage.

Nicolas Beretti : Dominique Wolton, le titre de votre dernier ouvrage, « Indiscipliné », me parle tout particulièrement : sans me définir comme un chercheur, j’adhère volontiers à votre démarche qui consiste « à penser différemment dans un monde en ordre ». Dans votre dernier ouvrage, vous expliquez comment vous privilégiez dans la communication une approche humaine et politique plutôt que technique et économique. Or aujourd’hui, 30 millions de présentations sont réalisées chaque jour ; 97% des entreprises sont équipées de PowerPoint et possèdent des salles dédiées aux réunions PowerPoint avec rétroprojecteur, grand écran et prises informatiques pour PC. C’est dire, donc, que dès la conception des bureaux par l’architecte,la présence de PowerPoint est anticipée… une question se pose alors : lorsque la main n’a plus le choix de l’outil, qui, de la main ou de l’outil, utilise qui?

Dominique Wolton : C’est l’outil qui instrumentalisme, non seulement la main, mais aussi l’esprit. Les conséquences pour la communication sont désastreuses, et en même temps paradoxales : ainsi ce sont ces mêmes entreprises, suréquipées en outils de communication de type PowerPoint, qui sont obligées d’organiser des stages de rencontres humaines et de communication ! La communication n’est pas faite pour être formatée comme c’est le cas avec PowerPoint : c’est, sinon, nier que les publics sont différents. Cette conception qu’a PowerPoint du public est simple : celui-ci n’existe pas, il est asexué, universel, il pense partout la même chose. On raconte la même chose partout dans le monde quelque soit le public . En ce sens, PowerPoint est une pseudo-rationnalisation de la communication, mais trahit en fait une paresse intellectuelle de l’émetteur, qui par conséquent méprise en partie le récepteur. Ou plutôt, le récepteur est neutralisé. Seul compte le message et l’émetteur ! Et que dire avec les langues étrangères ! L’illusion technique nie ici la réalité humaine, et c’est pourquoi l’enseignement ne devrait pas faire appel à PowerPoint, car l’essentiel de l’éducation, c’est la transmission, l’interaction des sentiments et des affects, la parole, les geste, un rythme qui n’a rien de rationnel…et donc qui n’a rien à voir avec PowerPoint. D’une aide technique, PowerPoint est devenu une servitude.

N.B : Considérant cet état de servitude justement, comment l’homme prétendument libre peut-il construire sa pensée et la transmettre dès lors que le cadre cognitif est verrouillé ?

D.W: Ces outils renvoient une illusion, l’illusion d’une universalité de la pensée. Or ce n’est pas parce qu’il y a des outils mondiaux qu’il y a une pensée mondiale. L’effet de négation des différences – culturelles, religieuses – induit par PowerPoint va un jour se payer très cher. Le logiciel provoque une illusion de rationalité à laquelle le monde professionnel se raccroche, mais à la fin de la journée, lorsque les bureaux sont fermés, les femmes et les hommes retrouvent des cultures radicalement différentes. C’est ce que je trouve dommageable avec PowerPoint : il renvoie à une vision dangereuse et extrêmement limitée de la mondialisation, où tout le monde se comprend. Supprimer PowerPoint, ou tout au moins relativiser sa place, c’est alors admettre que la diversité culturelle est le véritable enjeu de la mondialisation. Et si c’est la diversité culturelle est bien l’enjeu de la mondialisation, alors par définition il faut dans la communication un petit peu de PowerPoint, mais surtout beaucoup de salive et d’humain !

N.B : Vous avez utilisé le terme « illusion de rationalité », ce qui est très frappant. Nassim Nicholas Taleb, l’auteur notamment du livre « Le Cygne Noir », y écrit : « la condition qui nous fait simplifier les choses est aussi celle qui nous incite à penser que le monde est moins aléatoire qu’il ne l’est réellement ». On a pu lire dans le New York Times, notamment, que PowerPoint provoquait une illusion de clarté et une impression de compréhension. Je parle dans mon livre de l’illusion simplificatrice. Est-ce à dire que vous êtes plutôt d’accord avec cette idée d’escroquerie et d’illusion que sous-entend PowerPoint?

D.W : Tout à fait. PowerPoint, c’est une illusion de rationalité, une illusion de simplification et une illusion d’universalité de la communication. C’est très anglo-saxon cette illusion de rationalité : on ne touche jamais à la profondeur de l’histoire, on reste en surface, en imaginant ensuite que les messages vont passer…C’est oublier que les civilisations ont des semelles de plomb, comme disait Rimbaud. Ce n’est pas parce qu’on se déguise tous de la même manière qu’on se comprend.

N.B : En l’occurrence, ici le costume 3 pièces c’est l’attaché-case, le portable et Powerpoint…

 D.W : Exactement. L’hégémonie de PowerPoint, au-delà d’un fait, est un véritable symptôme.

N.B : Tout à fait d’accord. D’ailleurs, étant donné cette hégémonie, on peut je crois affirmer que son influence est systématique, voire systémique. Peut-on alors penser que PowerPoint provoque des biais cognitifs, en émission comme en réception ?

D.W : Je le pense. Aujourd’hui il y a un consensus pour dire que le monde est compliqué – ce qui est vrai. La logique de simplification de PowerPoint, en émission et en réception, provoque des mécanismes absolument inadaptés à cette complexité : on a l’impression que tout est simplifié, qu’on maitrise notre environnement…A ce titre, PowerPoint est une sorte de baguette magique. Pourtant, rien de rationnel dans une baguette magique…

N.B : Je vous avais promis de faire court vu votre planning serré, donc nous arrivons à la dernière question : Dominique, quel avenir pour les communications humaines dans ce monde technique qui est le nôtre aujourd’hui ?

D.W : L’idéologie technique va perdurer encore quelques temps, puis s’effondrer. Je vois deux raisons à cela : d’abord, il y aura des bugs énormes, qu’ils soient économiques, financiers ou autres…Ensuite, je pense que la génération qui aura été élevée au biberon de cette idéologie technique va engendrer une génération qui, en revanche, va prendre conscience de la folie de son héritage. L’effritement de cette idéologie sera je crois accompagnée d’une recherche de l’humain, car au final, notre usage immodéré de la technique n’est motivé par rien d’autre que par la recherche de l’humain…On remettra alors à la place qui est la leur ces outils technologiques : parfois utiles, parfois révolutionnaires, mais aussi parfois complètement inutiles. A mon sens, c’est de l’excès même de ces systèmes d’information et de ces technologies que viendra le retour de l’humain. Le plus tôt sera d’ailleurs le mieux, car cette domination idéologique provoque un dumping terrible des pays du Nord sur les pays du Sud, à qui l’on répète sans cesse qu’ils ne sont pas assez « équipés » en technologie. Et le problème, c’est que dans 20 ou 30 ans, lorsque les pays du Nord auront enfin compris l’inefficacité du tout- technologique, les pays du Sud, eux, seront alors au stade qui est le nôtre aujourd’hui. Et les incompréhensions qui en résulteront risquent d’être colossales.