Le Blog de Nicolas Beretti

Avec de l'entrepreneur et de l'auteur à l'intérieur


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Des conférences qui plantent des arbres : Speaker4Earth

Si si ! un article tout chaud tout neuf ! Depuis le temps…
Au moins, la promesse de ce blog est tenue (un article de haute volée intellectuelle tous les 36 du mois). Ca fait un sacré bail en effet que je n’ai pas eu le temps de me poser pour écrire. Ce petit trajet en TGV pour la riante ville de Roubaix, noyée sous un déprimant brouillard d’automne, tombe à pic et me fournit enfin l’occasion de vous retrouver, et ça fait bien plaisir.
 
En janvier dernier, rappelez-vous, on avait parlé ici même de 7 actions indolores que vous pouvez facilement entreprendre pour protéger la planète (indolores parce qu’elles ne vous coûteront à peu près aucun effort), et vous avez été nombreux à le partager, ce qui m’a fait très plaisir car la protection de l’environnement me tient particulièrement à coeur depuis que je suis gamin (que je suis Mini Moi – voir ici à propos de cet être qui vit avec vous). Cette phrase était particulièrement longue, j’essaierai de faire encore plus long dans le prochain article.
 
Comme vous le savez peut-être, dans le cadre de mes activités chez BrainsWatt, il m’arrive très souvent de donner des conférences. J’adore faire ça, c’est excitant et intellectuellement stimulant, mais depuis quelques temps je commençais à sentir qu’il fallait que j’ajoute à ces prises de parole une dimension environnementale. On a pas toujours l’occasion de pouvoir parler à 400 personnes simultanément, mais j’ai la chance d’avoir un job qui justement me le permet souvent, et je cherchais donc à me rendre un tout petit peu utile face à un monde qui n’a pas la forme. 

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Economisez 30 000 euros de consulting avec ce graphique

A l’occasion d’une conférence que je menais dans une entreprise, et où l’on parlait notamment d’innovation, ma cliente me demande de lui envoyer quelques liens intéressants sur le sujet. Il me revient alors en mémoire un TEDx de Guy Kawasaki, bonhomme dont j’ai déjà parlé mille fois ici, et en le re-regardant, je me suis dit qu’il fallait que je partage avec vous le passage qui me semble vraiment intéressant sur l’épineuse question du positionnement d’une idée, afin de pouvoir répondre une fois pour toute à cette fameuse question: « mon idée X ou Y est-elle finalement fumeuse ou réellement prometteuse ? » 

Comment positionner simplement votre innovation ?

Avoir des idées, c’est facile. Tout le monde en a, mais seuls certains d’entre vous les mènent même avec brio au stade de la réalisation (je pense à mon amie Raphaëlle et son pot de fleurs connecté MEG). Innover suppose prendre un risque, celui de se planter, de ne pas réussir à donner vie à son idée, ou celui de voir les clients ne pas l’acheter. Or, rien n’est plus difficile que de rester objectif quant à ses propres idées: par définition, si on les a eues, c’est pour une raison, et cette raison (plus ou moins obscure) nous pousse à croire qu’on a raison. C’est confondre enthousiasme et nécessité !

On peut être passionné par la collection de petites cuillères en bois, ça n’en fera pas moins un sujet de business difficilement réalisable. De même, devant une interminable ToDo list, on a bien souvent tendance à commencer par ce qui nous coûte le moins d’efforts, fainéants que nous sommes, alors même que peut-être, la vraie priorité est ailleurs. 

Or donc Guy Kawasaki dans ce TEDx Berkeley nous donne une grille d’analyse simple à mettre en oeuvre pour positionner vous-même votre idée – et économiser, comme il le précise malicieusement, un paquet de dollars en factures MacKinsey.

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Prospective expresse: demain, quand les robots seront une menace pour l’homme

Ce matin, au cours d’une conférence à l’ESP, on a eu avec les étudiants une discussion sur les progrès de la robotique et de l’intelligence artificielle. Je leur faisais part de mon pessimisme quant à cette improbable « sortie de crise » (économique) dont plus personne ne parle, et qu’il leur fallait se préparer, notamment, à être freelance, de manière contrainte ou volontaire mais inéluctable.

Or les progrès en intelligence artificielle sont à mon sens une menace directe et sous-estimée pour l’emploi. Dans son livre, Gilles Babinet explique par exemple que d’ici 5 ans, les robots ménagers seront capables de nettoyer intégralement une chambre d’hôtel, en faisant le distinguo entre le bout de papier qu’il convient de jeter et le bout de papier sur lequel le client a griffonné un numéro de téléphone et qu’il souhaite retrouver là en revenant dans sa chambre. Si, d’un point de vue technologique, c’est impressionnant, du point de vue de tous les employés de ménage du monde, c’est inquiétant. Car dès lors, la suite est inévitable: un robot coûte bien moins cher et travaille bien plus qu’un humain. Exit les personnels de ménage…et donc d’entretien, partout dans le monde. Le chômage de masse à venir va être terrible le temps que la transition vers la « fin du travail » soit achevée…

Tant qu’à faire, autant également supprimer les postes de vendeurs en magasin: un robot fait ça bien mieux et pour moins cher ! C’est tout le projet de Fellow Robots. Nestlé, pour sa part, a déjà acheté (« embauché »?) 1 000 robots Pepper (ci-dessous) pour ses magasins de café au Japon. Depuis juin 2014, ces mêmes robots, capables de vous conseiller et qui communiquent entre eux pour se transmettre ce qu’ils ont appris, sont « employés » à l’accueil des agences japonaises SoftBank.

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Les robots Pepper au Japon – ©Le Figaro

De son côté, Microsoft va un poil plus loin en protégeant son campus de la Silicon Valley avec des robots autonomes. Des robots surveillants. Vous allez me dire, rien à craindre, ces robots sont bien trop stupides pour être une menace pour nous, ils ne « comprennent pas » leur environnement et font ce qu’on leur demande de faire. Vous allez me dire peut-être que s’ils sont équipés d’une analyse des comportements, de la reconnaissance des visages, de détecteurs chimiques et biologiques, d’une vision nocturne et d’une caméra thermique, c’est pour la chasse au papillon ?

Parlons alors de cette étonnante innovation annoncée par Google la semaine dernière: un algorithme capable de « lire » une photo et de l’interpréter presque comme un humain le ferait. Autrement dit, dans un futur pas lointain du tout, les robots seront capables de « comprendre » le contexte dans lequel ils évoluent en « lisant » et interprétant leur environnement. A la différence que si nous autres humains mettons un temps incroyable à traiter une information (forcément, avec un signal nerveux se « trainant » à 2m/s), un robot peut être 1 000 fois plus rapide. Il comprendra donc bientôt son environnement comme nous, mais en beaucoup plus rapide. Dès lors, il deviendrait « meilleur » en prise de décision pour les situations d’urgence par exemple (et pour commencer – ensuite viendront les applications militaires).

Saupoudrons tout ceci:

– d’un peu de progrès en intelligence artificielle visant à reproduire un cerveau humain, notamment ceux concernant les « puces neuromorphiques » mimant la façon dont nos neurones fonctionnent et apprennent ;

– d’un brin d’ordinateur quantique, qui promet des performances proprement ahurissantes en exploitant les lois de la mécanique quantique tout en offrant une plus extrême miniaturisation ;

– du fait que nous opérons des drones militaires dans le monde entier qui, chaque jour, au nom de la lutte contre le terrorisme, tuent des humains – pour le moment, a priori il y a un pilote aux commandes à 8 000 km de leur zone d’opération ;

– du point de vue d’Elon Musk, quelqu’un qui a oublié d’être bête, sur les dangers inévitables des progrès de l’intelligence artificielle ;

… et vous obtenez à mon sens un parfait cocktail de signaux de moins en moins faibles quant à l’imminence de l’arrivée de robots armés capables de décider seuls d’éradiquer telle ou telle « menace terroriste » – de tuer un homme (la « menace terroriste » étant un prétexte on ne peut plus pratique pour faire passer n’importe quelle loi de nos jours – nous sommes massivement surveillés).

Parano ? Un peu, sans doute. Je dis juste: ne nous aveuglons pas non plus. La logique capitaliste commande et encourage depuis 40 ans le recours massif aux robots dès que possible. Les mêmes entreprises qui développent des technologies civiles de pointe (« gentilles ») travaillent également pour les armées (Boeing, Dassault ou Airbus, par exemple) où elles développent les armes les plus sophistiquées du monde. Je doute qu’il y ait un silo si profond que ça entre les deux activités.

Coucou !

Coucou !


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L’art de ne PAS diriger sa boite

Et si tout ce que l’on croyait sur le management, enseigné à coups de slides dans les écoles de commerce, était totalement faux ? Et si la nécessité d’établir des règlements, des procédures, des hiérarchies, était parfaitement inutile ?

Un excellent article de FastCompany démontre avec un exemple français (si, si) que tout est encore à inventer en management.

FAVI est une entreprise qui emploie près de 600 personnes et, qui, pour résumer, fabrique des pièces en alliage de cuivre. L’une de ses nombreuses particularité est de n’avoir aucun service RH, et ce depuis bientôt 30 ans. Son PDG, Jean-François Zobrist, a décidé de le supprimer lorsqu’il a pris les rennes de la société, en 1983. Mais il n’a pas supprimé que le service RH.

Il a aussi supprimé l’idée selon laquelle la compétence décisionnelle appartient au supérieur hiérarchique, et, in fine, au PDG. Tout simplement parce que le PDG, pour reprendre les termes de Zobrist, « n’a aucune idée de ce que les gens font ». Cela ne signifie pas pour autant qu’il ignore leur métier ; simplement, il assume une vérité de base qui est que chaque ouvrier, chaque employé, est le plus à même de savoir comment faire ce qu’il fait tous les jours. En aucune manière le PDG n’a, là dessus, une compétence quelconque. Affirmer une telle idée et la diffuser dans l’entreprise a une conséquence absolument positive : « si mon supérieur ne le sait pas mieux que moi, alors c’est à moi de trouver la réponse ». Déresponsabiliser ainsi le management permet en fait de transformer les employés en « entrepreneurs » de leur métier : ils deviennent responsables de leur fonction. Ils lui redonnent alors un sens. Et font mieux leur job. Zobrist explique lumineusement que le problème du management classique réside dans sa capacité à réduire à néant l’aptitude à la décision chez la plupart des employés. De peur de mal faire ou pour ne pas assumer une erreur, on prend l’habitude de se retourner vers son supérieur. Qui fera de même, et ainsi de suite jusqu’au PDG. Dans cette logique donc, tout le monde est stupide sauf le PDG.

  • Assumer de ne pas savoir

Quand une logique devient absurde, il faut l’éliminer…Zobrist a donc un jour proclamé tout simplement que s’il y en a un de stupide, c’est le PDG. Lui. Parce qu’il faut laisser les gens résoudre eux-même les problèmes concernant des sujets dont ils ont toute connaissance : ils en ont la capacité, mais ne le savent pas. Lorsqu’on sait déléguer, on est toujours surpris du talent qui peut alors se manifester chez les collaborateurs. Et en plus, ça donne moins de travail à celui qui délègue ! Affirmer haut et fort « je ne sais pas » quand on est PDG et qu’on est en France est particulièrement osé. Et franchement, j’adore l’approche développée par Jean-François Zobrist, qui a réussi à faire fonctionner sans aucun problème sa société en faisant table rase de toutes les habitudes, méthodes et process classiques de management. Et ça marche.

  • « Je ne vous paye pas. Les clients, si. »

Chez FAVI, Zobrist a supprimé le concept même de hiérarchie. L’entreprise s’organise en « îlots » qui s’auto-gèrent autour d’une mission fondamentale, évidente, que bon nombre de nos grands groupes devraient afficher en grand sur leurs murs : satisfaire le client.  Lorsqu’il est devenu PDG, Zobrist a réuni ses troupes et leur a dit : « demain, quand vous arriverez au travail, vous ne travaillerez pas pour moi ou pour votre supérieur. Vous travaillerez pour les clients. Je ne vous paye pas. Eux, si. Vous faites donc ce qui est nécessaire pour eux. »

Zobrist voit ainsi la fonction de PDG comme à la fois les phares et le pare-brise d’une voiture : fournir la lumière et la vision. Le reste, par exemple l’équipement, les outils, les espaces de travail, les horaires ou les process, tout ceci est et reste entre les mains de ceux qui y travaillent. C’est leur redonner plein contrôle de leur métier, de leur fonction, de leur créativité, au service d’une mission : le client.

  • L’armée américaine a inventé le crowdsourcing

Cet article m’a fait penser à un cas d’école dans le même genre : l’armée américaine en Normandie, en 44, se cassait les dents sur un problème totalement imprévu par tous ses experts et autres généraux 5 étoiles : le bocage. Les chars d’assaut ne parvenaient pas à les passer, s’immobilisaient et se faisaient littéralement canarder par les chasseurs allemand, qui s’en donnaient à coeur joie sur des cibles fixes. Eh bien, c’est parce que l’armée a laissé ses soldats chercher et trouver une solution que tout s’est débloqué (il faut imaginer, surtout à l’époque, la révolution conceptuelle que c’était ; le crowdsourcing d’innovation n’était pas vraiment en vogue). C’est en fait un soldat de base, paysan en civil, qui a trouvé la solution. Et les chars ont pu à nouveau se déplacer. Et nous ne parlons pas allemand !

L’article de FastCompany est un régal d’impertinence managériale. Amis CEO, PDG, managers : inspirez vous !