Le Blog de Nicolas Beretti

Avec de l'entrepreneur et de l'auteur à l'intérieur


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The first step to find your passion is to not give a fuck about finding your passion

Il y a quelques jours, j’ai été invité à donner une conférence TED-like chez Thalès, devant une centaine de jeunes ingénieurs. Le truc m’intéressait énormément car le sujet que je leur ai proposé portait sur ce qui pourrait être mon 3ème livre – si un jour je me décide à l’écrire, à savoir, arrêter de subir sa vie et en devenir le maitre. Vaste sujet maintes fois traité par des gens bien meilleurs que moi, mais je n’arrive pas à me résoudre à arrêter d’y travailler. Or donc ce talk de 10min chez Thalès pouvait me fournir un excellent moyen de tester le speech que j’avais rédigé quelques jours avant dans un TGV. Bien entendu, je n’avais pas pu le répéter ne serait-ce qu’une fois, donc le jour J, j’ai été incapable de respecter le timing de 10min, d’autant plus qu’il fallait faire le speech en anglais, mais je me suis dit que j’aimerais beaucoup vous soumettre, à vous lecteurs exigeants, cet embryon de réflexion sur la question qui peut-être vous obsède autant que moi: mais enfin, quoi faire de sa vie ?

Les lignes qui suivent sont donc tirées de ce speech de 20 min et sont une première ébauche – encore incomplète – d’un éventuel troisième livre. Je prends donc le risque de me mettre tout nu ici et vous soumets ce texte. L’idée est surtout de recueillir, pour ceux qui seront assez patients pour lire jusqu’au bout, leurs impressions et surtout critiques. Le sujet m’obsède depuis belle lurette et en faire un livre me soulagerait pas mal je crois. Vous noterez par ailleurs que le titre et certaines illustrations que j’avais préparées pour la conférence sont en anglais, je les ai gardés tels quels pour cet article. Mais voici donc l’article qui commence avec un titre que j’ai réussi à placer tel quel chez Thalès:

The first step to find your passion

©NicolasBeretti

(Ou: comment trouver sa p**** de passion)

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Economisez 30 000 euros de consulting avec ce graphique

A l’occasion d’une conférence que je menais dans une entreprise, et où l’on parlait notamment d’innovation, ma cliente me demande de lui envoyer quelques liens intéressants sur le sujet. Il me revient alors en mémoire un TEDx de Guy Kawasaki, bonhomme dont j’ai déjà parlé mille fois ici, et en le re-regardant, je me suis dit qu’il fallait que je partage avec vous le passage qui me semble vraiment intéressant sur l’épineuse question du positionnement d’une idée, afin de pouvoir répondre une fois pour toute à cette fameuse question: « mon idée X ou Y est-elle finalement fumeuse ou réellement prometteuse ? » 

Comment positionner simplement votre innovation ?

Avoir des idées, c’est facile. Tout le monde en a, mais seuls certains d’entre vous les mènent même avec brio au stade de la réalisation (je pense à mon amie Raphaëlle et son pot de fleurs connecté MEG). Innover suppose prendre un risque, celui de se planter, de ne pas réussir à donner vie à son idée, ou celui de voir les clients ne pas l’acheter. Or, rien n’est plus difficile que de rester objectif quant à ses propres idées: par définition, si on les a eues, c’est pour une raison, et cette raison (plus ou moins obscure) nous pousse à croire qu’on a raison. C’est confondre enthousiasme et nécessité !

On peut être passionné par la collection de petites cuillères en bois, ça n’en fera pas moins un sujet de business difficilement réalisable. De même, devant une interminable ToDo list, on a bien souvent tendance à commencer par ce qui nous coûte le moins d’efforts, fainéants que nous sommes, alors même que peut-être, la vraie priorité est ailleurs. 

Or donc Guy Kawasaki dans ce TEDx Berkeley nous donne une grille d’analyse simple à mettre en oeuvre pour positionner vous-même votre idée – et économiser, comme il le précise malicieusement, un paquet de dollars en factures MacKinsey.

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Cette vidéo que vous ne devez pas regarder

Je n’ai pas pour habitude de publier des vidéos sur ce blog, mais celle-ci mérite vraiment que vous preniez 8min pour la regarder en entier. Surtout si, comme tant d’autres, vous sentez bien au fond de vous que votre propre vie vous échappe, prise dans les contraintes et les rythmes imposés par un système qui tourne en rond ; que tout n’est qu’une vaste blague un peu inutile et qu’au fond, vous n’êtes rien. Car c’est bien tout le drame et l’absurde de ce que nous sommes, avec nos Iphone 7 et nos crédits sur 45 ans: rien.

La question du pourquoi de nos vies me passionne, principalement parce que j’ai l’intime conviction que chercher à répondre à cette question c’est donner un sens à sa vie, et je trouve cette vidéo est extrêmement puissante pour vous mettre face à vous-même, face à une grande question, le tout en 8min. 

Je crois aussi que l’entrepreneuriat est une des manières les plus efficaces et brutales pour aider à affronter cette question et y apporter des réponses, parce que devenir responsable de votre propre liberté vous oblige à vous interroger intensément sur tout ça – mais je ne sais pas ce qu’en pensent les autres entrepreneurs qui liraient ce billet ?

Je retiens tout particulièrement une phrase que je voudrais partager ici tant elle est malheureusement vraie:

« Nous taillons le monde en pièces à la recherche de la joie, sans jamais regarder au fond de nous »

Que vous soyez au bureau ou chez vous, bloquez les 8 prochaines minutes, montez le son et regardez:


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Les 4 mauvaises raisons de créer son entreprise

Le saviez-vous ?

8 français sur 10 considèrent que créer sa boite est plus valorisant que le salariat. En outre, 50% des 18-34 ans rêvent de se lancer dans une aventure entrepreneurialeSi donc l’envie vous chatouille vous aussi: rassurez-vous, vous êtes parfaitement normal. Et vous avez bien raison: je répète à tout va qu’à mon sens, c’est la plus belle aventure personnelle à vivre tant on apprend en général, et on apprend sur soi en particulier.

Mais attention.

Si l’envie de se lancer est donc devenu tout à fait mainstream, il existe 4 très mauvaises raisons de créer sa boîte. Si vous vous reconnaissez dans l’une d’elle, méfiez-vous ! 

Les 4 mauvaises raisons de créer sa boîte

L'argent

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L’économie positive, en quoi ça vous concerne ? (Indice: ça parle aussi de dauphins et de café)

 

Valls LH

Qui a dit qu’il y avait un paradoxe sur cette photo ??

 Vous connaissiez le concept d’économie positive ?

Non?

Moi non plus, jusqu’à ce que le LH Forum m’invite au Havre à participer aux conférences, débats et tables rondes dans lesquelles on retrouvait du Manuel Valls, du Hubert Reeves, du Jacques Attali, du Alain Juppé, du Jean-Claude Trichet, du Gilles Babinet…

En fait, je ne connaissais pas le concept d’économie positive mais je crois que j’en faisais un peu sans le savoir avec StayHome et Transporteurs d’Image. L’idée de l’économie positive c’est en gros que l’argent devienne un moteur d’amélioration du monde (environnement, humain…), plutôt qu’un agent destructeur, ce qu’il est la plupart du temps.

Mais donc, en quoi ça vous concerne ? Eh bien parce que n’importe lequel d’entre nous peut devenir un acteur de cette économie salvatrice, que ce soit par exemple en investissant son épargne judicieusement ou en créant une entreprise qui vienne répondre à un problème identifié.

Sur le premier exemple, la patronne de Novethic est ainsi venue nous expliquer l’essor des fonds ISR et surtout en quoi on peut demander à son banquier d’orienter son épargne sur des fonds qui soutiennent les énergies renouvelables plutôt que les énergies fossiles. Parmi les 500 ou plus personnes de la salle ce matin, lorsque la question a été posée à la salle de savoir qui pouvait dire en quoi son « Livret de Développement Durable » à la banque était durable, UNE seule personne a répondu. Vous par exemple cher lecteur, savez-vous ce que votre Livret DD a de durable ? Je l’ignorais aussi, mais je ne manquerai pas d’interroger mon banquier la prochaine fois que je le vois…Vous aussi pouvez non seulement poser la question à votre banquier, mais lui demander que votre épargne viennent tant qu’à faire irriguer des pans de la green économie qui en a vertement besoin (haha). Cette économie là est comme l’autre: pour financer ses besoins en machine, équipement, hommes, R&D, elle a besoin de capitaux. En dirigeant votre épargne vers elle, vous lui fournissez le carburant de sa croissance, sans que ça ne vous coûte rien (au contraire) et sans vous fatiguer le moins du monde. Pas mal, déjà, non ?

Sur le deuxième exemple, c’est un entrepreneur hors pair que je découvre ce matin qui est venu nous mettre une bonne paire de claque à tous: Gunter Pauli.

Gunter Pauli

Meet Gunter Pauli

Je vous préviens tout de suite, c’est le genre de gars brillant qui fout des complexes tant il a fait et continue de faire des choses incroyables.
Ce belge et auteur du concept d’Economie Bleue nous a expliqué comment, très concrètement, il avait initié dans le monde 190 projets d’entreprises visant toutes à réduire l’emprunte écologique humaine. Et ça marche: il a mobilisé à travers ses activités près de 2 milliards d’euros et créé 4 millions d’emplois à travers le monde. Tout en taclant les titulaires de MBA et autres consultants McKinsey – ce qui me plait toujours généralement, il nous a fait la démonstration qu’on peut tout à fait ne PAS se concentrer sur une seule activité ET réussir (cf mon article sur les experts généralistes).

A titre d’exemple, il a fondé des entreprises de pêche qui utilisent, comme les dauphins, des bulles d’air pour attraper les poissons, ce qui a pour immense avantage 1/de ne pas détruire les fonds et 2/de ne pas attraper de poissons femelles enceintes (je ne sais pas quel est le terme scientifiquement exact…). Car, je n’avais pas réalisé, mais la pêche intensive de millions de poissons femelles enceintes accélère dramatiquement vite la disparition de l’espèce. Or, on pêche déjà 2 fois plus de poissons qu’il ne s’en reproduit. Ou encore, il fabrique des vêtements à base de marc de café. Ou encore, il produit en très grande quantité (1 million de tonnes) du papier issu du déchet des mines – oui, du papier à base de pierre, vous avez bien lu. Pas d’arbre coupé, pas d’eau consommé (même si d’aucuns font remarquer que ce n’est pas non plus 100% écologique, bien que cent fois moins stupide que du papier à base d’arbres). Du papier à base de déchets de mine d’uranium ou d’or. Son truc à lui, c’est notamment de copier la nature, dans laquelle le concept de déchet n’existe tout simplement pas. Le déchet est, il faut le rappeler, une invention humaine – et pas la meilleure.

Or, quel a été son message essentiel: cessez de penser et agissez. Pendant que Greenpeace est toujours en train de se demander, nous racontait-il, si oui ou non son papier issu de pierre est vraiment écolo, la Chine lui en commande plusieurs millions de tonnes. Cessons parfois de penser, et agissons, quelle que soit l’échelle. Ce que nous répétait aussi Alain Juppé d’ailleurs.

Juppé

Là on dirait pas mais il a été plutôt drôle

Point de startups numériques ce matin donc pour changer, rien que du bien concret, du solide, du tangible, bien loin de l’univers hi tech si trendy dont on a l’habitude. Et je dois avouer que ça fait du bien. Surtout quelques jours après la Marche pour le Climat organisée notamment par Avaaz, et à laquelle j’ai également participé. Allez, la journée continue, ceci n’était qu’un aperçu de la matinée, je file maintenant écouter un des Directeurs de la Banque de France et enseignant à Aix Marseille.
Merci au LH Forum de pouvoir réunir autant de belles personnes qui agissent pour changer le monde. C’est inspirant, vraiment.


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Quand je suis FémininBio…

Je ne sais pas si vous connaissez le site FémininBio, qui a pour mission d’aider les femmes à prendre soin d’elles-mêmes et de la planète en même temps, mais par un hasard assez farfelu je me suis retrouvé interviewé par la Rédac’Chef, Audrey.

Ce n’est pas grâce à mon côté féminin que j’ai été interviewé – la dernière fois que mon côté féminin a été aperçu, c’était en 1949 au fond d’une mine de sel abandonnée – mais à propos de StayHome, dont je vous ai peut-être déjà parlé. StayHome est une très belle idée transformée en start-up solidaire, et que j’aide à grandir. Bref, l’équipe de FémininBio étant très intéressée par tout ce qui touche à la solidarité, l’entrepreneuriat social et le green business, elle m’a fait l’honneur d’une interview, que vous retrouverez en cliquant sur l’image ci-dessous:

ITW Beretti FémininBio

Merci à Audrey et à FémininBio pour cette interview ! Je repars à la recherche de mon côté féminin et bio de ce pas.


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Le facteur clef de succès de Leetchi, Lima & KelBillet…

La semaine dernière, j’ai eu le plaisir d’être invité à Numa au pitch de plusieurs startups françaises dynamiques, rentables et à forte ambition, dans le cadre du concours TheNextWeb European Tech5. Ce concours, sponsorisé par Adyen, une entreprise « qui aurait aimé rester une startup mais qui ne l’est plus avec 70 millions d’euros de chiffre d’affaires » – selon les mots de son Directeur France – vise à détecter et sélectionner les startups les plus prometteuses de France. Sur les 5 startups qui ont pitché devant nous ce soir-là, j’ai bien entendu oublié le nom de 2 d’entre elles, mais il y avait, a minima: Leetchi (la cagnotte en ligne), Lima (le cloud à la maison) et KelBillet (comparateur de billets).

Les conditions de sélection sont assez simples, et pourtant déjà elles ont du entraîner un sacré tri:

– avoir généré plus de 500 000 euros de revenus en 2013

– avoir été créée en 2009 ou plus tard

– être implantée en Europe

– proposer son propre produit ou service (scalable business model), donc pas d’agences ou de consultants.

Ce dernier point est très important, car c’est celui qui distingue sommairement les business fondés sur la vente d’heures de travail (jour/hommes) de ceux fondés sur la vente d’un produit, procédé ou service potentiellement déconnecté du temps de travail.

Qu’est-ce qu’un business model « scalable »?

Un yaourt, un avion de chasse ou une lampe sont des produits scalables. Une fois conçus, leur production à la chaîne permet de générer des revenus qui ne seront pas proportionnels au temps de travail nécessaire pour les produire. A ce titre, un livre aussi est un produit « scalable »: une fois écrit et mis en vente, le niveau de revenu qu’il va générer ne sera pas nécessairement proportionnel aux heures de travail qu’il a nécessité pour être écrit, à la hausse ou à la baisse. C’est pour ça que les best-sellers – et la vie des auteurs qui vont avec – fait tant fantasmer: on imagine qu’ils ont du transpirer pour les écrire, puis, ensuite, se sont assis et ont encaissé les droits d’auteurs. N’ayant pas conçu ni vendu de yaourt ou d’avions de chasse, prenons l’exemple du livre pour illustrer, de mon premier livre pour être exact.

Exemple avec mon 1er livre:

Il m’a fallu 12 jours pour l’écrire + 10 jours (au jugé) de corrections et d’allers-retours avec l’éditeur. Admettons que je décide que mon travail vaille 500€ par jour (ce qui est en l’espèce assez inexact, vu que je l’ai écrit pendant mes vacances):

(12+10)x500= 11 000€.

Autrement dit, écrire ce livre m’aurait « coûté », dans cette optique, 11 000 euros (parler de « manque à gagner », en l’espèce, serait plus approprié). Etant donné qu’on peut compter que chaque livre vendu me rapporte 1,5 € (oui, c’est tout, déprimant, hein?), ce ne sera qu’après avoir vendu plus de 7 300 exemplaires que ce sera devenu un « produit » rentable. Heureusement, la plupart des auteurs (sauf, peut-être, ceux qui recyclent des histoires de vampires pour ados) n’écrivent pas un livre pour l’argent, mais plutôt pour la gloire, à la grande satisfaction des éditeurs.

Mais revenons à nos startups sélectionnées pour Tech5. Leur pitch, suivi d’une séance de questions/réponses, fut l’occasion d’échanger avec les fondateurs en toute tranquillité, un verre à la main. Votre dévoué reporter en a profité pour leur demander ce qui, à leurs yeux et après quelques années d’expérience, constituait LE facteur clef de succès de leur entreprise. Ce serait bête d’avoir tant de connaissances entrepreneuriales concentrées dans la même pièce sans en profiter, ‘spas ?

Les facteurs clefs de succès des startups qui cartonnent

Si, donc, je ne me rappelle que du nom de 3 startups sur 5 (Leetchi, Lima et KelBillet), j’ai en revanche noté leurs réponses, que je vous résume ici, des fois que cela vous serve dans vos propres entreprises ou startups:

  1. Ne pas lever de fonds tout de suite, et s’assurer que chaque euros dépensé en rapportera deux. Les levées de fonds prennent énormément de temps, et vous devez soudainement rendre des comptes.
  2. Cherchez à toujours, toujours faire mieux, en se posant la question: « dans 4 ans, serai-je fier de ce que je suis en train de faire là maintenant? », et soudez autour de vous une équipe fortement attachée à cet objectif.
  3. Restez concentré sur les retours utilisateurs, leurs usages et leurs objectifs ; à l’inverse, ne cédez pas à la tentation de vous disperser sur d’autres idées consommatrices de cash, de temps et d’énergie, ressources trop précieuses quand on débute.
  4. Ne rien lâcher, jamais, que ce soit sur le design, le commercial, le prix, l’embauche…la tentation du « moyen » est trop facile et finira par coûter cher tandis que la recherche de la qualité maximale finit toujours par payer.

 

Avant de vous laisser avec ces bons conseils, je précise que les ptits gars derrière Lima avaient initialement lancé une campagne de crowfunding sur Kickstarter pour lever 70 000$ et qu’ils ont levé en fait…1 300 000$. Je dis chapeau et leur souhaite bon vent – ils ont l’air super bien partis.

Et vous, si vous deviez voter pour l’une de ces 3 startups, laquelle choisiriez-vous ?