Comment la Méthode Alpha© utilise la psychoacoustique pour vous aider à travailler plus vite (et aussi: Digipill©)

Lorsque j’ai commencé à me dire que ce que je n’avais pas encore appelé « la Méthode Alpha© » était véritablement une technique intéressante et facile à mettre en oeuvre, je n’avais qu’une vague intuition des raisons qui pouvaient expliquer pourquoi elle semble marcher si bien. Ce que je voulais, c’était comprendre vraiment son fonctionnement.

En écrivant « Le mémoire de master vite fait bien fait« , j’ai fait quelques recherches pour tenter de comprendre puis d’expliquer aux lecteurs sur quels principes se fonde cette méthode – présenter une méthode de travail sans expliquer pourquoi elle fonctionne n’est pas très correct. Le problème, c’est qu’aucune étude scientifique n’a été entreprise sur cette méthode : il m’a donc fallu procéder par analogie et par déduction pour en comprendre son fonctionnement.

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Ecrire plus vite et mieux son mémoire avec la méthode Alpha©

Le plus dur, quand on écrit un mémoire, c’est de s’y mettre…

Partons du principe que n’importe quel étudiant aime travailler vite et bien, parce que cela signifie que son travail est terminé plus tôt, et qu’il n’a pas à revenir dessus. Le temps étant la seule ressource réellement non renouvelable sur cette Terre, il est toujours plaisant de l’allouer à autre chose qu’au travail, surtout si l’étudiant doit parallèlement s’occuper de trouver un stage, un travail, un appartement, réviser ses partiels…

Partons du principe également que pour pouvoir travailler vite et bien, il vaut mieux être concentré sur ce que l’on fait. La concentration, d’une manière générale, favorise non seulement la qualité, mais aussi la rapidité d’exécution d’une tâches En outre, précisons aussi qu’elle favorise l’apprentissage et la mémorisation, ce qui n’est pas inutile, par exemple, pour réviser un examen.

Le problème, c’est que l’environnement de travail type de l’étudiant du 21ème siècle est tout sauf favorable à sa concentration. L’étudiant d’aujourd’hui est en permanence sollicité par les gadgets électroniques dont il s’entoure allègrement, sans réaliser que ces dizaines de micro perturbations et interruptions nuisent à sa capacité de concentration.

Votre environnement est votre ennemi n°1

Cette perte de concentration affecte durement et de manière certaine la productivité personnelle. A tel point que le sujet est devenu un véritable enjeu pour les entreprises, qui tentent de trouver des parades plus ou moins heureuses pour empêcher leurs salariés de passer la moitié du temps à liker les photos Facebook de leurs 500 amis ; c’est aussi devenu un enjeu pour la médecine du travail, qui dénonce depuis longtemps les conséquences néfastes de cette dispersion généralisée de l’attention. A l’Université, où la question de la « productivité » des étudiants est un enjeu économique moins immédiat qu’en entreprise, les smartphones et ordinateurs connectés à Internet en salle de cours ont depuis belle lurette rendu presque impossible la tâche déjà ardue pour l’enseignant d’intéresser son auditoire zappeur, qui n’est plus capable aujourd’hui de se concentrer plus de 12 minutes d’affilée sur un seul sujet.

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PowerPoint peut-il tuer ?

16 janvier 2003.

La navette Columbia est sur son pas de tir, en Floride. Le décollage est annoncé, les moteurs des boosters d’appoint crachent un déluge de feu et la navette, majestueux oiseau de l’espace, s’élève lentement.

Accident navette Columbia - PowerPoint - Stop au PowerPoint

Quatre-vingt secondes après le décollage, alors que la navette effectue un virage à près de 21 300 km/h à une altitude de 60 km, un morceau de mousse isolante se détache du réservoir externe central et vient heurter les boucliers thermiques situés sous l’aile gauche. L’énergie libérée par le choc étantdémultipliée par la vitesse de la navette, le débris de mousse est vaporisé à l’impact. Lorsque les ingénieurs au sol s’en rendent compte en visualisant les films de surveillance, les responsables de la mission lancent un processus de réflexion en interne pour déterminer les risques potentiels de cet incident quant au retour de la navette sur Terre, spécialement lors de son entrée dans l’atmosphère, phase extrêmement délicate où la température sur le bord de l’aile dépasse 1650°C, à une vitesse de 27 000 km/h.

Or, alors que la navette est toujours en orbite, c’est sur la base de présentations PowerPoint que seront menées, au sol, les analyses techniques pour tenter de déterminer le niveau de risque que subira l’équipage lors du retour sur Terre, 12 jours après le décollage. Plus précisément, afin de déterminer l’angle avec lequel le débris a heurté l’aile, son poids et son énergie cinétique au moment de l’impact, les ingénieurs préparent 3 rapports, représentant un total de 28 slides PowerPoint.

Si les niveaux hiérarchiques inférieurs des slides font bien mention des risques réels encourus par l’équipage, les niveaux supérieurs (titres des slides, bullets points) sont plus optimistes, à tel point que l’idée de faire appel aux images haute résolution de l’armée américaine pour déterminer l’ampleur des dégâts est finalement écartée.

Après 12 jours de mission en orbite autour de la Terre, la navette explose lors de sa rentrée dans l’atmosphère.

L’enquête officielle menée par la NASA démontrera par la suite l’inefficience de PowerPoint en tant qu’outil de communication, de par l’impact infra-ordinaire de sa médiation cognitive.

Comment se manifeste cette médiation ? Par quels biais cognitifs PowerPoint peut-il ainsi agir jusqu’à transformer le sens même des informations qu’il porte ?

Tout ceci est expliqué dans la première partie du livre

Sortie aujourd’hui du livre Le Mémoire de master Vite Fait Bien Fait !

Ca y est !

C’est aujourd’hui qu’il sort ! Pour fêter ça, Tweakindie (musicien surdoué et marketer de génie) et moi vous avons conçu un petit trailer animé :

Qu’en dites-vous ?

Si vous avez aimé ce petit film fait avec PowToon, que vous avez autour de vous un ou plusieurs étudiants…Partagez !! 🙂

 

Comment publier son mémoire ? (extrait du livre Le Mémoire de Master vite fait bien fait)

convaincre l'éditeurSi vous voulez convaincre un éditeur de vous publier à compte d’éditeur (c’est-à-dire que ce n’est pas vous, auteur, qui allez financer la publication), il vous faudra le rassurer sur plusieurs points. Pour rentrer en contact (via la personne en charge de la collection qui vous concerne), le plus efficace consiste à écrire un courrier, le plus concis possible, expliquant votre projet d’ouvrage tout en levant les craintes inhérentes au métier d’éditeur. Présentez votre ouvrage tout en rassurant clairement sur les points suivants :

1/ La capacité de votre thématique à intéresser un public : c’est la base de votre argumentation. C’est ici, peut-être, que le sujet de l’influence réciproque de la musique baroque à l’époque pré-colombienne aux abords du lac de Genève trouvera ses limites les plus commerciales. Lorsque vous expliquez en quoi votre sujet intéressera l’éditeur, tâchez de « prouver » ce que vous avancez : si vous avez réellement travaillé sur un Sujet de Niche à Potentiel, alors vous pourrez présenter les articles de presse, émissions, livres étrangers et autres actualités qui parlent de votre sujet. Vous prouvez ainsi que la thématique existe, génère des reprises dans la presse, intéresse les médias, a abouti à la publication d’un ou plusieurs livres dans d’autres pays… C’est un premier élément concret qui indique à l’éditeur l’existence potentielle d’un « marché » pour votre livre. N’hésitez absolument pas à agrémenter votre discours de données chiffrées : taille de votre « marché cible », pouvoir d’achat moyen, typologie de consommation..Votre livre est une start-up dont vous êtes le fondateur, soyez-en le meilleur vendeur auprès du fonds d’investissement qu’est l’éditeur !

2/ Votre capacité à vendre vous-même votre livre. Si l’éditeur possède généralement son propre service promotionnel, il vous demandera malgré tout comment vous comptez assurer la promotion de votre livre, que ce soit à la sortie comme sur le long terme – les livres professionnels se vendent généralement sur le long terme, car ils ne sont pas tellement soumis aux effets de mode. Vous devrez présenter le « plan de communication » qui vous permettra de faire parler de votre livre : site Internet dédié, page Facebook, relais Twitter, communiqués de presse, relations personnelles influentes qui pourront parler de votre livre… tout est bon pour qu’on en parle. Généralement, les éditeurs apprécient que l’auteur donne des conférences, car elles sont d’excellents vecteurs de promotion des ouvrages. L’auteur présente ses thèses à plusieurs dizaines de personnes, et pour peu que la librairie la plus proche ait été livrée de quelques-uns de ses ouvrages, il pourra facilement glisser à son auditoire que son livre est disponible au coin de la rue. C’est la raison pour laquelle il vous a été conseillé plus haut de proposer vos interventions à votre Ecole ou votre Université : ce sera aussi le moyen d’assurer quelques ventes. On « vend » généralement quelques ouvrages à chaque conférence, pour peu qu’on sache s’y prendre, et sur quelques années, à force de 10 ou 15 livres vendus par mois avec quelques conférences, vous finirez par vendre 1 000 ou 1 500 livres, ce qui sera un score plutôt honorable, même si cela peut vous sembler faible.

3/ Votre capacité à pré-vendre votre ouvrage. Il y a quelques années, vendre des livres pouvait être une activité économiquement rentable. Aujourd’hui, c’est autre chose, et bien souvent, l’éditeur, pragmatique, vous demandera de pré-vendre votre livre, souvent une pré-commande de l’ordre de 300 livres. Comment faire ? Il y a plusieurs solutions à cela. Vous pouvez faire acheter à votre famille des dizaines d’exemplaires du livre, mais vous n’aurez que difficilement 300 commandes – à moins de forcer un peu la main de votre grand-mère. Une autre piste est de proposer à une entreprise – que vous aurez rencontrée lors de vos phases de recherches, et à laquelle vous aurez envoyé votre mémoire terminé – d’acheter ces 300 exemplaires, où elle pourra apposer son logo, intégrer une préface personnalisée, et qu’elle offrira en cadeau d’entreprise à ses clients ou salariés. Pour une entreprise, offrir à ses clients un livre aux couleurs de sa marque et qui parle d’un sujet relatif à l’activité de la société est un investissement très faible en valeur (une poignée de milliers d’euros), en temps (le livre est déjà écrit par vous, donc elle n’aura pas à mobiliser un employé pour l’écrire) et en risque (un livre déplaît rarement à la personne à qui il est offert). En revanche – ceci pourra vous servir pour convaincre l’entreprise en question – un livre d’entreprise, bien écrit et intéressant, sur un sujet porteur, possède un fort retour sur investissement comparé aux traditionnels et inutiles porte-clefs ou autres clefs USB, car il crée un potentiel de relation avec le client ou prospect, et valorise en tous les cas le bénéficiaire du cadeau : on n’offre pas un livre intelligent à un prospect sous-doué…

***** Comment j’ai prévendu mon premier livre *****

C’est l’éditeur de mon premier livre qui m’a appris que l’on pouvait prévendre un livre, et que les entreprises étaient parfois tout à fait acheteuses d’un nombre conséquent d’ouvrages sur lesquels apposer leurs logos. C’est pour elles un investissement intelligent et peu risqué, généralement destiné à un public interne ou à leurs clients. Pour prévendre mon livre « Stop au PowerPoint », il m’a donc fallu trouver quel type d’entreprise aurait intérêt à offrir ce livre à ses clients. J’ai alors découvert une agence spécialisée en conception de présentations (dont des présentations PowerPoint…) qui avait une approche plutôt pertinente de l’art de la présentation. J’ai donc proposé au directeur de cette agence d’être cité comme « expert » dans mon livre, au travers de plusieurs encadrés intitulés « L’avis de l’expert », dans lesquels il pourrait partager ses conseils et  ses opinions de professionnel. Comme il n’est jamais néfaste pour la réputation de quelqu’un d’apparaître comme un expert dans un livre, il a donc accepté, en échange de quoi il a fait acheter par son entreprise 300 exemplaires de mon livre en y ajoutant le logo de cette dernière. Considérant que le livre a été plusieurs semaines en tête des ventes sur Amazon dans sa catégorie, le nom de cette entreprise de présentation a été donc vu par des milliers de lecteurs, ce qui en fait un bon vecteur de communication et c’est là-dessus que j’ai compté pour le convaincre. Sachez enfin que pour une entreprise, acheter 300 exemplaires d’un livre est un investissement tout à fait anecdotique, ne soyez donc pas impressionné par le montant total du chèque. Mais pour l’éditeur dudit livre, c’est une assurance qu’au moins 300 exemplaires sont déjà pré-vendus, et dans le contexte actuel de l’industrie du livre, c’est toujours une bonne chose.

Lorsque vous aurez réussi à lever tous les freins et les doutes de l’éditeur, il sera temps de le rencontrer pour parler de la publication. Puis viendra le temps de la négociation du contrat d’auteur : sur ce point, n’espérez pas faire fortune avec votre livre. Au mieux, il vous permettra de vous offrir quelques bons restaurants. En revanche, les conférences, interventions et formations que votre livre vous permettra d’effectuer pourront, quant à elles, vous apporter quelques revenus complémentaires. Mais le principal bénéfice d’avoir publié un livre est que votre compétence sur ce qui était initialement un simple sujet de mémoire devient officiellement reconnue. Ce changement d’échelle vous ouvrira à coup sûr de nouvelles portes et de nouvelles perspectives : votre CV passera plus facilement en haut de la pile, on vous proposera d’écrire des articles, vous pourrez être interviewé par des médias plus ou moins spécialisés, consulté par des entreprises pour assurer des formations…

Inutile de vous rappeler qu’à l’instar de votre mémoire, le prétexte de l’écriture du livre est idéal pour contacter des personnes que vous ne pouvez en temps normal ne serait-ce qu’approcher à moins de 100 mètres. Si le mémoire vous permettait de ne pas susciter la moindre méfiance avec les professionnels qui, dans l’ensemble, aiment parler de leur métier, se présenter comme en train d’écrire un livre (un vrai, avec un éditeur) vous ouvrira carrément en grand les portes de leur bureau . Tout simplement parce que derrière le livre se cachent des lecteurs. Et que si le lectorat d’un simple mémoire de Master est et restera à jamais confidentiel, celui d’un livre peut atteindre des sommets de manière totalement inattendue (le désormais célèbre livre «d’économie saugrenue», « Freakonomics », en est une criante illustration : les auteurs ne pensaient en vendre qu’une dizaine, il s’en est vendu des dizaines…de millions, et un film en a même été tiré!). Pour le professionnel que vous contactez, lui parler d’un livre dans lequel il pourrait être cité ou interviewé, ainsi que le fait que vous avez déjà trouvé et signé avec un éditeur, tout ceci lui rendra difficile de ne pas vous recevoir. A vous de jouer, ensuite, pour placer vos cartes et tirer le meilleur parti de ce type de rencontres…vous n’écrirez a priori pas un livre tous les jours, profitez-en.

Et la suite, alors ? Elle est là !

Les investisseurs sont-ils nuls ?

Un article paru dans Challenges et faisant état du « problème Zuckerberg » illustre à merveille à quel point les investisseurs boursiers sont incroyablement à côté de la plaque. 

Résumé des faits : l’introduction en Bourse de Facebook a déçu les investisseurs et les actionnaires, pour qui la chute du cours de l’action Facebook est inacceptable et due à des informations d’introduction trompeuses.

Première remarque : les gars, si vous voulez gagner à tous les coups et sans prendre de risque, il y a le Livret A. Si vous voulez parier sur l’IPO d’une valeur aussi colossale et opaque que Facebook, assumez les risques. Pas besoin d’être devin pour calculer qu’un titre qui s’échange 47 fois les bénéfices annuels estimés (16 fois pour…Apple ou Google) a de fortes chances d’être surestimé, surtout pour une boite dont le business model reste à définir clairement.

Ensuite, et c’est là qu’on touche le fond, des investisseurs installés et réputés râlent dans Challenges à propos du comportement « immature » et « autocrate » du fondateur de Facebook :

« Il n’en fait qu’à sa tête et il envoie le mauvais message avec son comportement d’adolescent : sa priorité est de changer le monde, alors qu’il devrait faire progresser le cours de l’action ! »

Je suis absolument estomaqué par la stupidité de cette remarque, pour deux raisons :

  1. L’étroitesse de vue de cet investisseur fait froid dans le dos. « Changer le monde » n’est donc pour lui qu’un passe-temps pour adolescent immature, et « faire progresser le cours de l’action » est sa seule préoccupation. « Changer le monde » est précisément la plus belle et la plus nécessaire, surtout en ce moment, des ambitions ! Mais non, ces parasites officiels de l’économie qu’on appelle les financiers, qui créent de l’argent avec de l’argent, non avec leur talent ou leur travail, n’en voient même pas l’utilité ! Quand je pense que ce sont ces mêmes investisseurs qui font danser nos gouvernants avec la menace de la dette, ou qui obligent une entreprise à licencier pour faire « progresser le cours de l’action », ça fait froid dans le dos.
  2. C’est précisément parce que cet adolescent immature et autocrate de Zuckerberg s’est donné comme ambition de « changer le monde » en créant une entreprise milliardaire employant quelques milliers de personnes, que des armées de petits analystes financiers (comme le râleur cité plus haut) existent et peuvent manger. Ces gens-là ont autant de mérite que les critiques littéraires : ils n’ont pas le talent pour écrire mais existent uniquement grâce aux écrivains qu’ils aiment étriper dans leurs critiques.

En lisant cet article, je pensais que la bêtise maximale était atteinte. Mais non ! Nos amis de la finance ont de la ressource dans le domaine. Plus loin, un autre persifle à propos du sweat à capuche que portait Mark Zuckerberg lors de son roadshow précédant l’IPO :

« C’est une marque d’immaturité. Il doit réaliser qu’il fait entrer les investisseurs comme partie constituante de sa société, et qu’il doit leur montrer le respect qu’ils méritent parce qu’il leur demande de l’argent. »

Ainsi donc, dans notre monde moderne si intelligent, ce n’est pas au financier – qui ne fait rien d’autre qu’investir l’argent des autres – de montrer du respect aux entrepreneurs – qui investissent leur argent, leur vie et toute leur énergie – mais l’inverse… Dans le monde complètement dépassé des investisseurs, les rois, ce sont eux, simplement parce qu’ils ont la main sur le carnet de chèque.

C’est à eux de réaliser que lorsqu’une start-up s’introduit en Bourse, c’est eux qui ont la chance d’embarquer dans une aventure où la plupart des risques ont déjà été pris par un seul type ou par une équipe réduite, ayant eu suffisamment de génie pour passer de l’idée à la réussite ; une aventure où bien souvent, les mêmes investisseurs regardaient de haut les jeunes entrepreneurs en early stage, leur disant par exemple que jamais un service de micro-blogging en 140 caractères n’aurait le moindre avenir…

Cet article de Challenges est révélateur de la fracture profonde entre le monde de la finance et l’entrepreneur. Heureusement qu’il existe des gens assez talentueux pour tenir bon face à ces prétentieux de financiers, et pour s’obstiner à vouloir « changer le monde ». Pour un Jack Dorsey ou un Steve Jobs, combien d’entrepreneurs rêvant de changer le monde ces investisseurs ont-ils déjà détruits ?

Vous n’avez rien à dire ? Faites-en un PowerPoint !

Dave Paradi, un consultant canadien spécialisé en PowerPoint, effectue tous les ans une étude destinée à déterminer les facteurs d’ennui d’un PowerPoint. En d’autres termes, il vous livre une recette implacable pour tuer l’attention de votre public, ce qui peut s’avérer fort utile si vous n’avez rien à dire. Voyons un peu comment réduire les malheureux qui vous écoutent à un niveau d’activité cérébrale digne de nos amis lolcats.

PowerPoint ennuyeux - Lol cats - Stop au PowerPoint

L’étude de Dave Paradi, qui porte d’ailleurs bien son nom («The Annoying PowerPoint Survey»), classe les trucs les plus ennuyeux avec PowerPoint :

  1. L’orateur qui lit ses slides : 74%
  2. Des longues phrases rédigées au lieu de bullet points : 51%
  3. Texte trop petit : 48%
  4. Slides illisibles à cause du choix des couleurs : 34%
  5. Graphiques et diagrammes trop complexes : 26%

Dans un pamphlet visionnaire et désormais célèbre (que vous pouvez télécharger gratuitement), Rafi Haladjian déclare quant à lui que « si la religion était l’opium du peuple, PowerPoint est celui du cadre », car selon lui PowerPoint est un outil « d’anesthésie ».

Allez, pour paraphraser cette belle citation criante de vérité, je vous ai préparé un petit PowerPoint…

Mort par PowerPoint - powerpoint ennui - Stop au PowerPoint

(PS : slide inspirée d’une slide anglo-saxonne dont je n’ai pas retrouvé le blog d’origine…)

Du consultant, et de l’art de consulter

Le consultant : « A la suite de notre audit, j’ai le plaisir de vous annoncer que tout va bien dans votre société et que nous n’avons par conséquent aucun conseil à vous vendre ».

Consultant, de l'art de consulter

Situation de pur fantasme pour tout client qui a un jour eu à faire à un consultant. Avec un consultant, il y a toujours quelque chose à régler, une recommandation à donner, une méthode à mettre en oeuvre ou un modèle à appliquer. Tout simplement parce qu’un consultant qui ne dégotte pas un problème à régler n’a rien à vendre par la suite.

Vous allez me dire : il y a toujours un problème à régler quelque part. Je vous répondrais : certainement, mais tous ne nécessitent pas nécessairement un consultant pour y parvenir. Les entreprises vivaient très bien avant l’avènement des consultants.

Aujourd’hui, il doit y avoir plus de consultants que d’entreprises à consulter…

Or donc, quel est l’intérêt principal d’un consultant ?

Comme il n’appartient pas à l’entreprise, c’est son oeil externe qui intéresse, c’est à son regard a priori neuf et théoriquement impartial qu’il est fait appel.

Et quelle est la limite principale d’un consultant ?

On lui demande d’être impartial avec la main qui le nourrit. D’une certaine manière, c’est le même problème qui se pose avec les agences de notation, rémunérées par les entités mêmes qu’elles sont censées noter objectivement. Comment le conseil donné par le consultant peut-il être objectif alors même qu’il déterminera probablement le montant futur des honoraires facturés ?

Après plus de 2000 ans de retours d’expérience quant aux effets de l’argent sur l’intégrité et la probité humaines, il serait naïf de croire que le consultant échappe, seul et fier, à la règle.

Le consultant est donc un professionnel dont l’intérêt est de vous trouver un problème pour pouvoir vous vendre ensuite ses solutions.

Toute l’astuce consiste donc à convaincre le client qu’il y a un réel problème, et que le consultant détient la solution – ça tombe bien, il y a PowerPoint.

C’est sur cette même logique que fonctionne finalement la publicité, en montrant des gens trop beaux pour être vrai, des vies trop parfaites, trop riches et trop clinquantes, tout ceci afin que la nôtre paraisse si terne et si ennuyeuse en comparaison que l’on finit par être convaincu que c’est en consommant leurs produits qu’on se sentira mieux. La méthode publicitaire, pour résumer, est un simple matraquage de messages consistant à répéter que nous ne sommes pas uniques, pas à la pointe du progrès, pas connectés, pas élégants, pas en forme, si nous ne possédons pas telle voiture, telle tablette, tel téléphone, tel vêtement, tel silhouette, etc..

La méthode du consultant, qui lui ne peut pas matraquer son client 3h32 par jour, doit donc être à la fois plus fine et plus percutante, car il n’a en général qu’une seule chance de vendre ses « remèdes ». Il doit donc faire forte impression, faire mouche rapidement et efficacement.

Pour cela, quelle meilleure stratégie que celle de chercher à enfumer quelque peu ledit client, mais le plus sérieusement et le plus professionnellement du monde ?

Là où le magicien utilise de la fumée pour masquer ses trucs, là où le politicien recourt aux formules creuses pour ne pas répondre à la question posée, le consultant, lui, utilise PowerPoint pour masquer le vide souvent abyssal de ses « recos ».

Exactement comme les officiers de l’armée américaine, qui avouent utiliser PowerPoint avec les journalistes pour « noyer les poulets » et éviter les questions potentiellement embarrassantes. Le consultant doit réussir un véritable tour d’illusionniste, dont il n’a souvent lui-même plus conscience, tellement il s’est convaincu lui-même de la pertinence du contenu des slides qu’il ânonne à longueur de journée.

PowerPoint désastre - Stop au PowerPoint - Nicolas Beretti

*****

Les plus taquins d’entre vous me diront : tu es gonflé d’écrire ça, tu as mis en lumière dans un livre un problème, et tu proposes ici des solutions, comme un consultant !

Je leur répondrais deux choses:

– J’aurais fait exactement la même remarque à leur place, elle était vraiment trop tentante.

– Je ne vends pas de conseils ; je propose une lecture différente de la manière moderne de travailler…libre à chacun, par la suite, d’en faire quelque chose, ou de n’en rien faire.

Steve Jobs: « I hate the way people use slide presentation instead of thinking »

« I hate the way people use slide presentation instead of thinking »

steve-jobs-présentations-keynote-Stop au PowerPoint

Peu après son retour chez Apple, voilà une bien juste phrase du regretté fondateur de la marque de Cupertino :

“I hate the way people use slide presentations instead of thinking. People confront a problem by creating a presentation. I wanted them to engage, to hash things out at the table, rather than show a bunch of slides. People who know what they’re talking about don’t need PowerPoint.”

Je pense qu’il est inutile de commenter cette citation, par ailleurs tirée de ce savoureux article que m’a gentiment indiqué Nico.

Ou alors, je vous en fais un slideshow bien léthargique…