Couple: comment régler une fois pour toute le Paradoxe de la Fidélité

Fidélité

Devant un problème complexe, l’approche scientifique consiste à le déconstruire jusqu’à son niveau le plus essentiel afin de déterminer les principes de base qui le sous-tendent. Depuis des siècles, c’est le job de tous les chercheurs : déconstruire le réel pour tenter de l’expliquer. Ainsi, la physique est par exemple arrivée à un niveau de dissection du monde assez avancé, où absolument tout l’univers, tout ce que vous connaissez – votre voisin de palier ou Andromède, un moustique ou un trou noir – tout ce qui a été, est et sera résulte de seulement 4 forces fondamentales.

Même si je trouve ça tout à fait fascinant, le critique acerbe qui sommeille en moi n’a pas pu s’empêcher de relever qu’après des siècles de recherches ultra pointues et d’efforts acharnés pour expliquer le monde, ces 4 forces ne sont strictement d’aucune utilité lorsqu’il s’agit de trouver une solution satisfaisante à l’épineux problème qui va nous occuper ici : celui de la fidélité.

Le Paradoxe de la Fidélité

Car vous le savez aussi bien que moi, c’est un fâcheux problème que nous rencontrons tous, et n’en déplaise aux hypocrites qui me lisent, je vais écrire tout haut ce que tout le monde pense tout bas et qui, fondamentalement, constitue le fameux Paradoxe de la Fidélité :  

En couple, la fidélité à l’autre est érigée en modèle absolu et la tromperie assimilée à une trahison violente, alors même qu’il est strictement impossible de n’avoir du désir que pour une seule et même personne.

Autrement dit, notre société (du moins, celle à laquelle je m’identifie) considère moralement condamnable un comportement pourtant inévitable. C’est à peu près aussi absurde que d‘encourager d’autoriser la vente et la consommation d’alcool dans tous les bars et restaurants de France pour ensuite retirer des points de permis à tout bout de champ, en prenant en plus l’air effarouché du moralisateur droit dans ses bottes. En nous laissant la liberté de picoler, il ne faut pas s’étonner qu’on le fasse ! Bref, je m’égare. 

Le raisonnement scientifique de déconstruction ayant fait ses preuves en physique, j’ai tenté de l’appliquer au Paradoxe de la Fidélité, afin d’apaiser les mille et unes tortures métaphysiques dans laquelle ce paradoxe (et notre bien aimée culpabilité judéo-chrétienne) a pu me plonger – tout comme vous, peut-être. On s’est tous retrouvé dans cette discussion un peu gênante avec notre moitié :

– Tu m’as déjà trompé(e) par le passé ? Ou alors tu vois quelqu’un en ce moment ?

-Non, jamais. Promis. Juré.

Si cette réponse était tout le temps vraie, je me demande bien d’où viennent alors toutes ces statistiques quand même assez éloquentes sur l’infidélité. Mesdames, en posant cette question, statistiquement, il y a 1 chance sur 2 que votre mec vous baratine. Quant à vous messieurs, vous n’avez qu’1 chance sur 3 d’être cocu ! Haut les coeurs !

Donc devant cette situation pour le moins paradoxale, où 100% des gens condamnent ce que 50% d’entre eux pratiquent, je me suis dit qu’il ne fallait pas rester les bras croisés. En déconstruisant le Paradoxe de la Fidélité au maximum, j’ai fini par trouver une réponse satisfaisante, au niveau le plus fondamental, littéralement : la physique quantique (spoiler alert: je ne suis pas du tout physicien, même si j’adore ça).

Une théorie quantique de la fidélité

Au niveau fondamental, notre monde est vraiment étrange. Ce n’est pas théorique, c’est expérimental : on peut réellement voir et mesurer cette étrangeté en laboratoire. En physique quantique par exemple, un électron se comporte soit comme une onde, soit comme une particule…en fonction de si on le regarde ou pas. Autrement dit, le fait même d’observer l’expérience en modifie le résultat…Et plus on veut connaître, par exemple, la vitesse de notre électron, moins on pourra en savoir sur sa position, et réciproquement. Certaines choses, au niveau quantique, sont intrinsèquement impossible à mesurer sans altérer la mesure. C’est à devenir chèvre. Mais c’est là que, précisément, ça nous intéresse. Cette propriété chelou de la matière au niveau quantique éclaire notre Paradoxe de la Fidélité d’une luminosité scientifique nouvelle, car elle se retrouve dans la relation amoureuse. En cherchant à « mesurer » la fidélité de l’autre, c’est-à-dire en surveillant, questionnant, interrogeant, bref, en doutant sans arrêt de sa fidélité, on va en effet influer sur celle-ci – pour le pire, généralement (rien de plus pénible que de se sentir surveillé en permanence). 

Le premier principe quantique qu’on peut en retirer, et appliquer à la fidélité, s’énonce donc ainsi : 

Plus on cherchera à vérifier si notre moitié est fidèle, plus on modifiera ses chances de l’être.

Mais les choses ne s’arrêtent pas là, puisqu’en physique quantique, une particule peut aussi être dans plusieurs états, simultanément. C’est comme si votre café se mettait à être en même temps chaud et froid, sucré et non sucré, avec et sans lait, renversé et dans sa tasse. Si les équations de physique quantique ont intégré cette étrange propriété de la matière depuis les années 1920*, à notre échelle, heureusement étant donné l’immensité du nombre de particules considérées, cette superposition d’états ne se ressent pas. Si notre monde macroscopique masque – statistiquement – cette propriété de superposition, elle est pourtant bien réelle : une particule est tout aussi rouge que verte que bleue. Les trois versions sont vraies, en même temps. 

Puisqu’on ne peut donc mesurer la fidélité de sa moitié sans la modifier, il vaut mieux renoncer à le faire. Mais plutôt que de se satisfaire d’une incertitude basée sur une absence de résultat mesurable, je préfère m’appuyer sur l’incertitude quantique, plus élégante puisqu’elle fait état de ce qui est, au niveau le plus essentiel, et qui me permet d’énoncer le deuxième principe quantique de la fidélité :

 Votre moitié est à la fois fidèle, et à la fois infidèle.

On met de côté, bien entendu, le fait que votre moitié est elle aussi constituée d’un très grand nombre de particules, et que l’incertitude ne règne plus autant qu’au niveau quantique. Les physiciens se sont habitués depuis cent ans à ce comportement étrange des particules, et c’est grâce à ça que l’électronique est née et nous permet bien des choses : adopter leur mode de pensée, c’est peut-être la voie du progrès, y compris pour les problèmes triviaux de couple que sont la jalousie, la possessivité, l’infidélité, et autres réjouissances qui séparent tant d’âmes.

Nous sommes constitués de particules, votre moitié aussi, alors au lieu de perdre du temps à être jaloux ou à vous prendre la tête tout seul sur sa fidélité, je crois que la meilleure chose à faire pour avoir la paix de ce côté-là est de vous répéter, et de répéter à votre moitié, que, à l’instar des lois de la physique quantique : 

  1. Plus vous voudrez savoir si il/elle est fidèle, plus vous influencerez la mesure, et moins il/elle le sera, donc autant ne pas le faire – PRINCIPE #1.
  2. Votre moitié est à la fois fidèle et infidèle. Les deux à la fois, en même temps. Point. Si vous voulez trancher, impossible sans modifier le résultat – PRINCIPE #2.
  3. Personne ne force votre moitié à être là. Si il/elle est avec vous, c’est qu’il/elle en a envie. Lâchez-lui, et lâchez-vous la grappe – PRINCIPE #3 (BONUS).  

J’espère que ces quelques lignes vous apporteront un peu de la sérénité que je souhaitais vous offrir en les écrivant. Que la paix des ménages soit sur vous et votre foyer pour les siècles des siècles, et à bientôt. Soyez prudents sur la route. Ne buvez pas trop. Ne fumez pas. Mangez 5 fruits et légumes par jour. Eteignez les lumières en sortant. Et ne vous prenez pas trop au sérieux, sinon le monde va vraiment devenir chiant. Bisous

*Ca fait un siècle que les scientifiques ont compris ça, et nous, le commun des mortels, on n’y comprend toujours rien. Ça me rend dingue.

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